Vallon de Bellevaux

publié le 26 juillet 2017
Département  : Savoie
 
Communes  : VERRENS-ARVEY, PLANCHERINE, CLERY, GRESY-SUR-ISERE, MONTAILLEUR, SAINTE-REINE, ECOLE, FRETERIVE, SAINT-PIERRE-D’ALBIGNY, JARSY, SEYTHENEX
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 4068
 
Carte(s) IGN :

Impression générale

Il n’existe qu’un seul accès au vallon de Bellevaux : depuis le petit bourg d’École, on emprunte la D60 vers Carlet et on longe le Chéran en direction du sud-ouest. Petit à petit, l’horizon se resserre et l’on pénètre dans une étroite vallée encaissée. Bientôt la neige ne nous permet plus d’avancer et l’on se résout à garer la voiture et à poursuivre à pied. Le seul chemin praticable dans la neige est le sentier de découverte qui nous mène jusqu’à la chapelle Notre Dame de Bellevaux. L’endroit semble être fréquenté en été car plusieurs panneaux de signalétique indiquent des parkings et des itinéraires à découvrir et rappellent que nous sommes dans une réserve nationale de chasse et de faune sauvage. On suit donc la piste forestière (route de la pépinière) qui monte à travers la hétraie-sapinière, et à mesure que l’on s’élève, on aperçoit au loin la pointe du Mont Pécloz. Finalement, on découvre la très jolie chapelle de Bellevaux érigée sur une « fontaine sainte » dont l’eau aurait de nombreuses vertus.L’eau justement est ici omniprésente. Elle résonne avec fracas sur d’énormes blocs de pierres calcaire érodés par le mouvement continuel du torrent. C’est une eau très claire, qui coule vite, alimentée par d’innombrables ruisseaux dévalant la pente. Plusieurs ponts ont été construits pour permettre à la route forestière de franchir le torrent.

Identification

A l’est du massif des Bauges, le vallon de Bellevaux est une petite vallée encaissée où se rejoignent le torrent du Haut-Chéran et le ruisseau d’Armenaz. Dominé par le mont Pécloz et le mont d’Armenaz à l’ouest, ce vallon est très boisé et parfois surplombé par des falaises rocheuses. C’est un vallon inhabité et peu fréquenté car il n’est desservi que par une piste forestière longeant le torrent du Chéran en fond de vallée. Une piste absolument impraticable en hiver.Le vallon est marqué par un paysage très fermé. Il est principalement occupé par la forêt domaniale. Cette forêt s’étage en une ripisylve au bord de l’eau, une hêtraie-sapinière au-dessous de 1300 m, et une pelouse d’alpage au-dessus de 1300m. La ripisylve est constituée par l’aulne blanc accompagné par le tremble, le saule marsault, le bouleau et parsemée de reine des près. Dans la hêtraie-sapinière les épicéas sont également présents, ils ont souvent été introduits par plantation. L’érable sycomore colonise les éboulis et les bas de versants. Le sous-bois est riche et varié : noisetier, aubépine, chèvrefeuille, oxalis, luzule, etc. La croissance des arbres y est active. Traitée en futaie jardinée, la forêt se renouvelle naturellement. Enfin, au-dessus de 1300m, dans l’étage subalpin, l’épicéa résiste difficilement, il cède la place à des prairies subalpines, qui servent de prairies d’alpages pour les moutons.

Qualification

Comme l’ensemble du massif des Bauges, ce vallon est connu et recommandé par les guides pour ses paysages « naturels », en particulier pour sa forêt. Il est également connu comme lieu de randonnées (GR de Pays, Tour des Bauges), où l’on vient se promener à pied ou en raquettes, pêcher, mais aussi chasser. La forêt domaniale de Bellevaux fait en effet partie de la Réserve Nationale de Chasse des Bauges (aujourd’hui Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’une surface de 5205 hectares), c’est à dire un territoire dont la gestion particulière vise à préserver la faune sauvage. Les principales espèces rencontrées dans cette réserve sont le chamois, le mouflon de corse (introduit en 1954), le chevreuil, le sanglier, le renard, l’hermine et la gelinotte. Le tétras-lyre se rencontre dans les près bois au-dessus de 1400 mètres. La bartavelle, l’aigle royal et la marmotte sont présents dans l’étage subalpin.Les promeneurs amateurs de patrimoine apprécient également le sentier de découverte menant à la chapelle Notre-Dame-de-Bellevaux qui témoigne de 1000 ans de chronique religieuse dans ce vallon : en effet, dès 1090 des moines bénédictins s’ y installent en contrebas d’une source ; en 1633 un prieuré est bâti et, en 1859, la chapelle est construite. Aujourd’hui cette chapelle est un lieu de pèlerinage.

Transformation

Dans le vallon de Bellevaux, la pression urbaine est presque inexistante, les paysages sont essentiellement transformés par l’exploitation forestière et par la fréquentation touristique. L’exploitation forestière de ce vallon s’est ici transformée en une gestion favorisant la protection des milieux naturels et en particulier de la faune sauvage. La forêt est entretenue (plantation, défrichement, etc), mais elle n’est pas surexploitée. Grâce à différentes mesures de protection et de gestion, le paysage de ce vallon s’est donc stabilisé. La forêt est gérée en partenariat par l’ONF (forêts domaniales), le Parc Naturel Régional des Bauges et la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage. De plus ce vallon est un site Natura 2000 et ZNIEFF. Ces classements et ces différents gestionnaires ont pour objectif le maintien et la préservation de la biodiversité (faune, flore et milieu naturel), tout en tenant compte des pratiques socio-économique et culturelles.

Objectifs de qualité paysagère

Pour maintenir la qualité paysagère du vallon de Bellevaux, plusieurs objectifs peuvent être identifiés :Des objectifs pédagogiques : information du public, balisage et entretien des sentiers de randonnées.Des objectifs de fréquentation : limiter l’impact visuel des aménagements, définir des capacités d’accueil des sites.Des objectifs de gestion et d’entretien : soutenir l’entretien forestier (espèces forestières remarquables) et pastoral (prairies d’alpages). Reconquérir ou entretenir des points de vue remarquables menacés par la fermeture des vues.Les protections réglementaires relevant de l’état (Parc Naturel Régional, Réserve Nationale et Domaniale) ou des espaces protégés (Natura 2000, ZNIEFF) pourraient y contribuer.