Massif de la Vanoise intérieure (Maurienne, Tarentaise)

publié le 26 juillet 2017 (modifié le 3 août 2017)
Département  : Savoie
 
Communes  : BELLENTRE, CHAMPAGNY-EN-VANOISE, PEISEY-NANCROIX, TIGNES, BESSANS, LANSLEBOURG-MONT-CENIS, LANSLEVILLARD, TERMIGNON, VAL-D’ISERE, AUSSOIS, MODANE, SAINT-MARTIN-DE-BELLEVILLE, LES ALLUES, PLANAY, PRALOGNAN-LA-VANOISE, SAINT-BON-TARENTAISE, ORELLE, SAINT-ANDRE, VILLARODIN-BOURGET, VILLAROGER, MACOT-LA-PLAGNE
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 39166
 
Carte(s) IGN :

Impression générale

Le massif de la Vanoise intérieure est un paysage naturel exceptionnel. Il est le cœur du Parc National de la Vanoise qui a vu le jour en 1963. C’est seulement à pieds, en suivant les itinéraires balisés, que l’on découvre ce majestueux massif, paradis des randonneurs, des alpinistes et autres amateurs de nature.On pourra, par exemple, partir de Pralognan et faire le tour de l’aiguille de la Vanoise (1). On admirera alors les sommets et les glaciers du mont Pelve (3261 mètres), du Grand Bec (3399 mètres) et la pointe de la Grande Casse (3855 mètres), et l’on pourra s’arrêter en chemin au refuge du col de la Vanoise (2), le refuge Félix Faure. En quittant Pralognan par le téléphérique, on arrive sur les pistes de ski occupées en été par les vaches tarines (3). On monte sous les télésièges (4) et très vite on quitte les pistes pour pénétrer dans le cœur du parc national. Le paysage, très ouvert, est immense (5) et fait très vite perdre toute notion d’échelle. Partout la roche est présente et sous de multiples formes : calcaires, gypses, quartzites…. Chaque sommet a son caractère. L’eau aussi est partout, sous la forme de lacs (6), de névés (7), de ruisseaux, de cascades (8), et bien sûr de glaciers (9). Les pelouses alpines qui abritent entre autres les marmottes (10), les roches grises des falaises et les sommets enneigés forment les trois principaux plans de ce massif (11). A la recherche de grands espaces et de nature, les marcheurs sont très nombreux en été sur les sentiers du massif de la Vanoise (12).

Identification

Le massif de la Vanoise intérieure est délimité par :- l’Aiguille du Fruit (3050 mètres), l’Aiguille de Peclet (3470 mètres), le Grand Bec (3398 mètres) (1) à l’ouest.- la Pointe du Bouchet (3407 mètres), la Pointe de l’Echelle (3432 mètres), la Dent Parrachée (3697 mètres), le Grand Roc Noir (3562 mètres) (2) au sud.- la Roche de Mio (2739 mètres), le Sommet de Bellecote (3417 mètres), le Mont Pourri (3) (3779 mètres) au nord.- la Pointe de Mean Martin (3330 mètres), la Pointe de la Sana (4) (3436 mètres), la Grande Motte (3653 mètres), à l’est.On peut diviser ce massif en trois secteurs distincts : la vallée de Champagny au nord (5), la vallée des Dorons de Valpremont et de Chavière (6) au sud ouest, les vallons de la Rocheure et de la Leisse au sud est.Ces trois secteurs sont séparés entre eux par les grands sommets du massif : la pointe de la Grande Casse (3855 mètres) entre la vallée de Champagny et les vallons de la Rocheure, de la Leisse et de Termignon, le dôme de l’Arpont (3599 mètres) qui domine les glaciers de la Vanoise et le Mont Pelve (3278 mètres) entre la vallée des Dorons de Valpremont et de Chavière et les vallons de la Rocheure, de la Leisse et de Termignon.Le Parc National de la Vanoise englobe des montagnes élevées, culminant à plus de 3 000 mètres, sur lesquelles subsistent de nombreux glaciers, pénétrées par des vallées s’ouvrant sur de larges cols d’accès facile. La variété de ses roches (calcaires, gypses, grès, quartzites, schistes, micaschistes, gneiss…) liée à une structure géologique très complexe, l’amplitude altitudinale, la position de carrefour climatique contribuent à la remarquable richesse géologique, floristique (sabot de Vénus, pin cembro, saxifrages…) et faunistique (bouquetins des Alpes, aigle royal, lagopède alpin, tétras-lyre…) du massif.Concernant l’implantation des végétaux, on peut distinguer quatre étages distincts : - l’étage montagnard (de 800 à 1500 mètres environ), avec la hêtraie-sapinière (7) relayée par le pin sylvestre en adret et le sapin en ubac (8).- l’étage subalpin (de 1500m à 2200m environ) avec, en partie inférieure l’épicéa et, au-dessus, le mélèze, le pin à crochets et le pin cembro (9), accompagnés d’arbrisseaux nains tels que rhododendron (10), myrtille ou genévrier.- l’étage alpin (11), situé au-dessus de la limite des arbres et caractérisé par les pelouses alpines.- l’étage nival (12), lié à la présence de névés permanents.

Qualification

Le massif intérieur de la Vanoise est très réputé en France et bien au delà pour la beauté de ses paysages et sa nature préservée (1). C’est un site très prisé par les marcheurs en été (2) car il offre de magnifiques paysages de haute montagne (alpages, lacs et glaciers) facilement accessibles et un réseau de près de 500 kilomètres de sentiers balisés (3), des sentiers d’interprétation du milieu naturel (4), des sorties pédagogiques, et des expositions permanentes et temporaires dans un grand nombre de lieux du parc. Les alpinistes sont bien évidemment également très présents (5).Le territoire est quasiment entièrement compris dans la zone du cœur de Parc National de la Vanoise. A l’automne 2011, le Parc National de la Vanoise possède 14 km de limites communes avec le Parc National italien du Gran Paradiso. L’ensemble de deux parcs constitue un des plus grands espaces protégés d’Europe occidentale, avec 1 250 km2. Les deux parcs sont jumelés depuis 1972.Le nombre d’espèces végétales présentes en Vanoise est estimé à environ 1200, dont 200 sont particulièrement remarquables. Citons parmi les espèces protégées au plan national : des androsaces, l’ancolie des Alpes, différentes laîches dont la laîche bicolore, la cortuse de Matthiole, le chardon bleu, la linnée boréale (les seules stations françaises), la primevère du Piémont et des saxifrages.Parmi les mammifères, Il convient de noter la plus importante colonie française de bouquetins des Alpes (autour de 2600 individus) ainsi que la présence d’environ 6 000 chamois.Mais aussi 120 espèces d’oiseaux : on rencontre le gypaète barbu, l’aigle royal, le lagopède alpin, le tétras-lyre…De nombreux amphibiens et reptiles (triton alpestre, le crapaud des joncs…)Parmi les insectes, il faut signaler plusieurs centaines d’espèces dont quelques-unes sont spectaculaires, comme le grand apollon ou la rosalie des Alpes.En ce qui concerne le patrimoine bâti, ce dernier est très peu présent à l’intérieur du massif excepté sous la forme de refuges (6) (16 refuges gérés par le parc) ou de chalets d’alpages (7). Il n’existe aucun habitat permanent dans le cœur de parc. Notons quand même les maisons traditionnelles des hameaux de Champagny-le-haut (8) (site inscrit), aux murs maçonnés de schiste et aux larges toitures de lauzes (9).

Transformation

Le paysage du massif intérieur de la Vanoise est peu soumis à transformation. Des transformations sont naturelles et notamment dues au processus d’érosion : effritement de la roche (1, 2), recul des glaciers (3), fonte des neiges (4, 5), etc (6). D’autres transformations du paysage sont liées à la présence de l’homme dont la sur-fréquentation de certains sites entraînent par exemple la construction d’importants parkings (7) et d’équipements d’accueil du public. La pratique de la randonnée et des raquettes est aussi en constante augmentation ce qui peut avoir un impact sur la faune et la flore. L’ensemble de ces transformations est en principe surveillé par le Parc National de la Vanoise. Un observatoire photographique des paysages de Vanoise est animé par le parc. Il est constitué d’un ensemble de photographies initiales, pour partie récentes, pour partie anciennes, qui sont reconduites « à l’identique » à intervalles de temps réguliers.Ce parc national a une longue histoire : à la fin des années trente, ce massif était une réserve de chasse. Cette réserve a évoluée progressivement vers un projet de réserve nationale accolée au Parc National italien du Gran Paradiso, afin de protéger le bouquetin des Alpes et le chamois dans le massif de la Vanoise. Petit à petit, le périmètre de cette réserve s’est étendu au massif de la Vanoise dans son ensemble. Dans les années 1950, un schéma de parc est élaboré en deux zones : une zone centrale où l’accent est mis sur la protection de la nature et l’éducation du public et une zone périphérique où l’accent est mis sur les valeurs naturelles et culturelles locales ainsi que sur l’agriculture et le tourisme. En 1963 le Parc National de la Vanoise est créé, c’est le premier parc national créé en France. Il représente une forme de « compensation » au développement exponentiel du ski, surtout en Tarentaise.

Objectifs de qualité paysagère

A l’avenir, le Parc National de la Vanoise sera constitué du cœur et de l’aire d’adhésion qui comprendra les territoires des communes ayant adhéré à la charte.La charte est un nouvel outil au service des parcs nationaux. Elle définit un projet de territoire traduisant la solidarité écologique entre le cœur et ses espaces environnants. La charte est composée de deux parties :- pour le cœur, elle définit les objectifs de protection du patrimoine naturel, culturel et paysager et précise les modalités d’application de la réglementation ;- pour l’aire d’adhésion, elle définit les orientations de protection, de mise en valeur et de développement durable et indique les moyens de mise en œuvre.Parmi la liste des objectifs affichés par le Parc National de la Vanoise dans son projet de charte, nous retenons les points suivants qui concernent plus spécifiquement le paysage :- Maintenir une agriculture économiquement viable qui respecte et contribue à la protection des patrimoines et des paysages (1).- Préserver les qualités esthétiques et émotionnelles des ambiances paysagères et du bâti (2, 3).- Améliorer la qualité des interactions entre les hommes et la nature en limitant les impacts des aménagements et installations.- Soutenir une politique d’accueil du public en espace protégé en modernisant l’offre de randonnée et de promenades pédestres (4, 5, 6), en donnant une juste place aux activités sportives de nature diffuses ou ponctuelles, et en améliorant l’hébergement en refuge.