Bassin de la Sassière

publié le 24 juillet 2017
Département  : Savoie
 
Communes  : VAL-D’ISERE, SAINTE-FOY-TARENTAISE, TIGNES
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 2191
 
Carte(s) IGN :

Impression générale

Jouxtant la frontière italienne, le bassin de la Sassière est une large vallée perchée à plus de 2000 mètres d’altitude (1). Pour s’y rendre, on emprunte une petite route sinueuse qui grimpe au-dessus du lac de Chevril (2). On monte jusqu’au parking du Saut (3) situé à 2280 mètres où on laisse sa voiture pour découvrir la réserve naturelle de la grande Sassière à pieds. Cette magnifique vallée d’alpages (4) offre un paysage de plateau ponctué par de nombreux lacs. Deux d’entre eux possèdent des barrages hydroélectriques : un premier lac jouxtant immédiatement le parking, et un second, plus vaste, situé au centre de la réserve et offrant un très beau belvédère sur la vallée (5). Ce dernier, le lac de la Sassière, marque la fin des verts alpages abritant les marmottes et accueillant les troupeaux de vaches tarines en été (6). C’est un paysage très minéral et presque lunaire (7) qui s’offre alors à nous. Différents types de roches se révèlent : falaises noires (8) de la grande Sassière, roches moutonnées et striées sous le plan du Cheval, impressionnantes aiguilles du Dôme (9), schistes du col de la Bailletaz (10)…en s’élevant vers les cols et les glaciers, on découvre des paysages de plus en plus sauvages et majestueux (11).

Identification

Sculpté par le glacier de Rhèmes-Golette il y a quelques dizaines de milliers d’années, le bassin de la Sassière est un large vallon à fond plat où coule le ruisseau de la Sassière (1). Perché à plus de 2000 mètres d’altitude, ce vallon orienté ouest/est fait partie de l’étage alpin composé de zones de rochers où seuls les lichens et quelques plantes clairsemées sont capables de subsister. L’étage alpin est occupé aussi par de vastes pelouses alpines, parsemées de fleurs durant les mois d’été. Le bassin de la Sassière est limité à l’ouest par le verrou glaciaire du Saut (2) ; au nord, par l’aiguille de la Grande Sassière (3) (3747 mètres) et le glacier de Rhêmes-Golette (frontière italienne) ; à l’est, par la pointe de la Tsanteleina (4) (3602 mètres) et le glacier du Santel ; au sud, par la pointe de la Bailletaz (5) (3071 mètres), l’aiguille du Dôme (3017 mètres), la pointe de Picheru (2954 mètres), la pointe du plan du cheval (2660 mètres) et l’aiguille du Franchet (2873 mètres).Comprenant trois glaciers (le Petit Glacier, le glacier de Rhêmes-Golette (6), le glacier du Santel), deux tourbières (marais derrière le Santel et marais vers les Grands Creux), de nombreux lacs (7) et une géologie extrêmement variée (quartzites, calcaires, dolomites, gneiss, schistes) à laquelle s’ajoute une grande diversité de micro-reliefs et d’expositions, ce site exceptionnel favorise la présence d’une flore et d’une faune particulièrement riches. Les touristes viennent nombreux pour s’y promener en empruntant soit la large piste (8) qui mène au barrage EDF, soit le sentier situé sur l’autre rive du torrent (9).Les crêtes qui limitent le bassin sont en continuité directe avec le Parc Naturel du Grand Paradis, en Italie. L’impression que la carte nous donne d’un cirque de glaciers est trompeuse car ces nombreux glaciers sont du coté italien.L’activité agricole se limite au pacage d’un troupeau bovin (10) dans le fond du vallon près du hameau du Saut. L’habitat est quasiment inexistant, il comprend les quelques ruines du hameau du Saut (11) et un chalet d’alpage encore en activité. En revanche, les barrages et lacs de retenue qui alimentent une usine hydro-éléctrique souterraine en aval de Saut, marquent fortement le paysage (12).

Qualification

Même si elle n’est pas située au cœur du Parc National de la Vanoise (PNV) mais dans son aire d’adhésion, la réserve naturelle de la Grande Sassière est gérée par le PNV. Elle est très réputée au niveau national et international pour la beauté de ses paysages et sa nature préservée. C’est un site très prisé par les marcheurs (1) en été car il offre un magnifique paysage de haute montagne (alpages (2), lacs (3) et glaciers (4)) facilement accessible et une grande variété d’itinéraires.L’intégralité du vallon est classé en réserve naturelle nationale depuis 1973. La création de cette réserve résulte d’une mesure compensatoire au déclassement d’une partie de la réserve de Tignes afin de pouvoir aménager le glacier de la Grande Motte pour le ski.Le bassin de la Sassière présente un grand intérêt écologique en tant que réserve de milieux naturels, de la faune et de la flore. On peut ainsi noter la présence d’espèces d’éboulis comme l’Edelweiss (5) (couramment protégée par les marcheurs par un cercle de pierre si elle se trouve sur un chemin) ou la Saxifrage fausse-diapensie, la Saxifrage fausse-mousse ou la Seslérie ovale, mais aussi, à l’opposé, d’espèces qui composent les habitats naturels de milieux humides comme la Laîche bicolore ou la Laîche noirâtre. On remarque également la présence de la Violette à feuilles pennées, dont la distribution en France est très limitée. En ce qui concerne la faune, le bouquetin des alpes en migration depuis l’Italie a trouvé une terre d’accueil dans la réserve de la Grande Sassière. La population y atteint aujourd’hui plus de 150 individus en période estivale. Le chamois occupe lui aussi très largement la zone. Outre ces grands mammifères, notons la présence de l’hermine et de marmottes et aussi de certains rapaces qui font la fierté des alpes : perdrix bartavelle et aigles royaux.

Transformation

Le paysage du bassin de la Sassière est soumis à des transformations d’ordre naturel : effritement de la roche (1), recul des glaciers, érosion par ruissellement (2), etc. Sous la pointe de la Bailletaz par exemple, ce phénomène d’érosion est particulièrement visible (3). La falaise attaquée par la neige, le gel et le ruissellement se délite en d’immenses éboulis de pierres.Les transformations du paysage par l’homme sont également très visibles, notamment sous la forme des lacs de retenues et de leur barrages qui sont des ouvrages particulièrement imposants (4, 5).Par ailleurs, la sur-fréquentation de ces sites par le public peut, elle aussi, transformer ce paysage naturel en un paysage de loisirs. Le parking du Saut (6) par exemple est particulièrement prisé en été et sa fréquentation dépasse sa capacité actuelle.

Objectifs de qualité paysagère

En terme de qualité paysagère, l’objectif pour le bassin de la Grande Sassière, est de définir des capacités d’accueil maximales et de limiter l’impact visuel des aménagements liés au tourisme et aux barrages hydroélectriques pour conserver le caractère naturel de cet espace (1).Aujourd’hui, le statut de réserve naturelle et l’appartenance à l’aire d’adhésion du Parc National de la Vanoise permettent d’identifier et de porter à connaissance la valeur écologique de ce site. Le parc national assure une veille écologique et le suivi scientifique du bassin de la Grande Sassière, il a aussi la charge d’entretenir et de signaler les sentiers de randonnées (2, 3).Pour permettre de mieux gérer les transformations de ce site, on préconisera également de :- Participer à l’entretien et à la réhabilitation des rares habitations traditionnelles à usage agro-pastoral (chalets d’alpages et hameau du Saut actuellement en ruine) (4).- Soutenir l’entretien des alpages (par une aide aux agriculteurs) (5).