4.04 Bas-Livradois

publié le 13 août 2013 (modifié le 2 février 2017)

« Sous les immenses surfaces forestières des sommets aplanis, de longues croupes molles se détachent et paraissent plus aimables. Elles sont encore revêtues de bois sur les pentes au bas des versants, mais portent sur les « dos de pays » des surfaces agricoles et une foule de hameaux et de maisons isolés. Tel est le Moyen et le Bas-Livradois, avec ses lanières de paysage agricole surmontant les gorges forestières. »
Guy BOUET et André FEL, Atlas et géographie de la France moderne, LE MASSIF CENTRAL, Editions Flammarion, 1983

Ce texte est le résultat d’un agencement des choses dites par des paysagistes et leurs invités, tous embarqués dans une camionnette-voyageuse à travers l’Auvergne. Pour cet ensemble de paysages, il a été écrit à partir de tout ce qu’ils ont été capables de voir ensemble, durant l’itinéraire n°29 des ateliers mobiles des paysages qui a été effectué le 22/05/2012.

  1. SITUATION

Au cœur du département du Puy-de-Dôme, cet ensemble de paysages assure une transition entre les paysages de la plaine des Limagnes du Brivadois (6.04) et du Billomois-Comté (6.03) et ceux des plateaux du Haut-Livradois (2.02). Ses limites sont peu affirmées aussi bien du côté est que du coté ouest. C’est un territoire intermédiaire entre la plaine et la montagne où les nombreux vallons ont servi de voies de communication. L’organisation des terroirs sur un mode simple structure fortement les paysages : des replats (ou croupes) allongés, souvent étroits, qui portent les cultures et les villages, des bassins (Cunlhat, Saint-Dier…) et des versants de vallées encaissés et laissés à la forêt.

Cet ensemble appartient à la famille de paysages : 4. Les campagnes d’altitude

Les unités de paysages qui composent cet ensemble : 4.04 A Collines du Livradois / 4.04 B Bassin de Saint-Dier / 4.04 C Bassin de Cunlhat / 4.04 D Plateau de Montboissier / 4.04 E Buttes de la Garde / 4.04 F Bassin de Sauxillanges / 4.04 G Plateau des Liards / 4.04 H Plateau de la Chapelle-sur-Usson / 4.04 I Plateau du Vernet / 4.04 J Collines de Sermentizon.

  2. GRANDES COMPOSANTES DES PAYSAGES

2.1 Un agencement composite de plateaux, de bassins d’effondrement et de nombreux cours d’eau.
Le Bas-Livradois est un pays de transition entre le Haut-Livradois et les contrées environnantes. C’est un agencement complexe entre les nombreux bassins d’effondrement sur ses franges (Cunlhat, Saint-Dier-d’Auvergne, St-Amant-Roche-Savine…) et les plateaux en son centre (plateaux agricoles de Saint-Genès-la-Tourette, la Chapelle-sur-Usson, Chaméane…). L’abondance des petites vallées dont les cours d’eau s’échappent vers la vallée de la Dore, le Billomais-Comté et la vallée de l’Allier par la plaine de Sauxillanges découpent le plateau en de nombreuses petites unités qui génèrent une impression d’ensemble fragmenté, dont il est difficile de saisir une image globale en une seule fois.

2.2 La vraie particularité des paysages du Bas-Livradois : des espaces ordinaires hétéroclites conférant l’image d’une campagne accueillante.
Silhouette du château de Mauzin, sentinelle du Bas-Livradois
Pays ondulé et torturé par de nombreux cours d’eau, on peut voir dans le Bas-Livradois une multitude d’éléments hérités d’une activité agricole diversifiée encore relativement présente : bocage, arbres isolés, vergers, jardins, vignes, prairies, chemins, ripisylves… Cet ensemble hétéroclite (que d’aucuns pourraient qualifier métaphoriquement de "mosaïque d’espaces") constitue la particularité ordinaire de l’ensemble de paysages du Bas-Livradois, lui conférant l’image d’une campagne accueillante.

2.3 La richesse paysagère du Bas-Livradois : bourgs et hameaux.
En voici cinq exemples :

  1. Le hameau dans le relief.
    Le long de la petite route, dans le vallon depuis la Farge jusqu’à la Beauté, la manière dont les hameaux ont été implantés par rapport aux reliefs, la densité des arbres qui les environnent, la présence plus ou moins rapprochée et dense de la forêt de feuillus, les vallons humides et fleuris, les prairies plates en contrebas des hameaux, la ripisylve, les bas côtés herbus et fleuris de la route, les poteaux électriques de bois… tout contribue à générer une impression de « belle campagne ». L’état relativement simple de la route (non « améliorée ») participe clairement du "tableau". La vue en contreplongée légère sur le hameau éloigné des Fourguis alimente ce genre d’impression. Implantées sur un promontoire, les constructions de schiste sombre, agglomérées dans la pente rappellent l’image du bâti cévenol.
  2. Effets atmosphériques et silhouettes.
    En remontant la route départementale 53 en direction d’Isserteaux, entre deux averses, l’air humide génère des vues atmosphériques de la campagne légèrement vallonnée. La silhouette sombre du bourg d’Isserteaux apparaît dans un monochrome de verts brumeux sur une butte. Le moindre bâtiment agricole ou la moindre maison construite à l’écart de cette silhouette détonne.
  3. Urbanisme rural ancien : le hameau à couderc.
    Le hameau de Royat est bâti autour de son couderc, un vaste espace herbu très dilaté. Les hameaux à couderc sont des formes historiques de l’urbanisme rural. Le couderc était un espace communautaire qui était utilisé comme lieu de pacage à usage collectif ou lieu de rassemblement des bêtes. C’était une sorte de "place rurale". En bordure du couderc, un petit bosquet utile de chênes et de pins et un étang ont été maintenus. Ce sont des composantes importantes du hameau.
  4. La couleur rouge sang de la pierre et le climat.
    Les maisons de Royat ont été construites avec une pierre de couleur rouge. Sur le couderc, un petit écriteau indique que « la couleur rouge sang et rosée des matériaux de construction est liée à un épisode climatique tropical survenu entre 65 et 40 millions d’années. Les deux oxydes de teintes rouges, le fer et l’aluminium se sont concentrés à l’époque à la surface des roches cristallines. Chaque maison est construite en arkose rose et parfois en argile rouge, presque cuite, qui ont sédimenté, après transport de l’eau, dans des lacs qui occupaient le secteur de Royat, de Saint-Dier-d’Auvergne…
  5. Les « serves » des hameaux.
    Sur le couderc du Coin par exemple, près de Cunlhat, une serve a été aménagée il y a longtemps. Les serves étaient des petites mares d’une dizaine de mètres carrés qui permettaient de capter un peu d’eau pour les bêtes. Elles étaient très entretenues. Aujourd’hui, ayant perdu leur fonction première, certaines ont été envahies de roseaux et de massettes. A Perrier, un hameau voisin du Coin, une autre serve a été aménagée à l’écart, au bord de la route dans un champ.

2.4 La richesse paysagère du Bas-Livradois : diversité des modes de présence de l’arbre.
Panorama sur le Bas-Livradois depuis "les deux frères"

  1. Arbres de champ isolés, aux silhouettes qui focalisent les regards (chênes, pins, châtaigniers…) ;
  2. Arbres feuillus des lisières anciennes qui découpent leurs frondaisons sur les fonds plus sombres des bois (châtaigniers, hêtres, frênes) ;
  3. Quelques haies ou alignements le long des ruisseaux ;
  4. Des alignements importants en bord d’allées accédant à des châteaux (Meydat, Liberty, Martinanches…) ;
  5. Des arbres de villages : chênes, tilleuls… ;
  6. Des lambeaux de hêtraies  ;
  7. Des prés-vergers…

2.5 La richesse paysagère du Bas-Livradois : présence des étangs.
Etang de Saint Flour
Il y a beaucoup d’étangs aménagés par les hommes en Livradois. On peut en identifier au moins quatre sortes en fonction de l’époque de leur construction :

  1. Le vieil étang au bord des hameaux ruraux comme à Royat ;
  2. Les petites réserves pour l’incendie construites il y a une trentaine d’années au bord de nombreux villages ;
  3. Les serves sur les coudercs des hameaux ;
  4. Les grands étangs construits par les cisterciens au Moyen-Âge.
    Une partie de l’histoire du Livradois pourrait être racontée par le biais des étangs et des serves qu’on y trouve et qui disparaissent progressivement. L’exemple de la création du nom de la commune de Saint-Flour-l’Etang est assez éloquent quant à leur importance dans la vie ordinaire des habitants. L’usage oral a modifié progressivement le nom de la commune pour éviter la confusion avec Saint-Flour du Cantal. On parle de Saint-Flour-l’Etang bien qu’officiellement le nom n’ait pas encore changé. Beaucoup des étangs sont anciens (celui de Saint-Flour est localisé sur la carte de Cassini) et sont des éléments fondamentaux des paysages des habitants du Livradois.

2.6 Superpositions du "paysage clunisien" avec la vie ordinaire des habitants aujourd’hui.
Sur épaulement le village de La Chapelle-sur-Usson
L’apparence actuelle du Livradois doit largement à l’esprit aménageur des clunisiens au Moyen-âge. Les cisterciens sont une branche des moines bénédictins de Cluny dont le propos a été de retourner à des principes épurés basés sur le travail de la terre et l’aménagement. Les cisterciens ont été de grands aménageurs du territoire. Le secteur a été marqué fortement par leur présence.

Superpositions 1 : l’espace urbain.
Le fondateur de Cluny III est originaire de Sauxillanges où était construite une grande abbaye au Moyen-âge. Il reste à Sauxillanges des vestiges datant de mille ans, dans les espaces publics ou cachés à l’intérieur d’immeubles, de maisons particulières, de caves, de jardins…

Superposition 2 : Les étangs.
Au-delà des bâtiments plus visibles, les moines cisterciens ont laissé beaucoup de vestiges d’aménagement dans le territoire du Livradois. Ils ont notamment aménagé de nombreux étangs pour l’élevage des carpes ou l’alimentation en eau des moulins.

Superposition 3 : les marchés.
Les marchés apparaissent toujours comme des éléments contemporains de vie ordinaire. Du fait de leur caractère nomade et temporaire, on ne les regarde jamais comme des traces actuelles de pratiques très anciennes. Le marché de Cunlhat par exemple a été instauré par les moines au 13ème siècle tous les mercredis, pratique qui perdure encore aujourd’hui. C’est une autre forme de vestige de ce "pouvoir aménageur" du Moyen-âge en Livradois. Les marchés sont des traces de pratiques paysagères anciennes, plus ou moins importantes dans certaines régions. Il existe peu d’équivalent de formes d’aménagement relativement réversibles et relevant d’un mode d’activité ambulant dans le territoire. Certaines formes d’installations potagères (celles isolées à l’écart des villages) peuvent d’une certaine manière en être rapprochées. Les installations des gens du voyage sont évidemment les signes les plus lisibles de ces pratiques d’aménagements temporaires. Les foires aux bêtes sont aussi de grandes occasions qui déplaçaient par le passé les populations à travers le territoire auvergnat. Aujourd’hui, les rendez-vous « événementiels » urbains relèvent des mêmes processus. Les pratiques liées à la montée en estive ont aussi quelque chose à voir avec cela sur un tout autre plan.

2.7 "Vestiges" de constructions du passé : les souterrains annulaires du Livradois.
Non loin de Cunlhat, un souterrain a été découvert au bord d’une petite route de campagne isolée, près d’une ferme. Il avait été oublié comme tous les souterrains que l’on redécouvre progressivement souvent par hasard. Un résistant paysan, dont la maison était à quelques mètres, l’a utilisé pour cacher des armes parachutées par un avion britannique en 1944. A l’occasion de travaux d’assainissement, un autre souterrain annulaire a été découvert sur le plateau du Livradois. Il a pu être visité et photographié. C’est une construction creusée dans la roche, de faible hauteur, une sorte de couloir qui se finit par un anneau. Beaucoup ont été découverts dans la Montagne bourbonnaise dans l’Allier (ensemble de paysages 2.01). Personne ne sait l’usage et le sens qu’ils avaient. Ne restent que des hypothèses et le mystère qui entoure cette forme d’aménagement mystérieuse.

2.8 L’impression étrange "d’espace intermédiaire" : exotisme de proximité et secret.
Petite plaine du ruisseau des Martinanches avant sa confluence avec le Miodet
Le territoire du Bas Livradois a toutes les qualités d’un espace que l’on peut qualifier "d’intermédiaire". Ils sont rares en Auvergne. Il est le négatif d’une sorte de territoires que l’on peut appeler "de marge" ou "de confins" qui particularisent clairement certains espaces auvergnats comme par exemple le plateau du Mézenc où celui de l’Aubrac, ou encore dans un autre registre la vallée du Chavanon à l’ouest du département du Puy-de-Dôme.
Cette impression d’espace intermédiaire est plus difficile à saisir que celle d’espace de marges. Les limites de l’ensemble sont relativement floues, ceci du fait d’une part de la douce fragmentation induite par la profusion des vallons et des cours d’eau, et d’autre part de la progressivité d’un relief assez doux, ondulé et moyennement élevé. Le Bas Livradois est de plus un espace qui n’est ni trop loin ni trop près des zones très habitées d’Auvergne, qui est en bordure des Limagnes ou de vallées très actives tout en n’étant pas si simple d’accès, qui subit des variations climatiques induites par le changement d’altitude par rapport à la plaine pourtant proche. Il présente tous les éléments ordinaires variés qui constituent une vision de campagne "modèle" (comme les arbres et les haies, les hameaux, les serves et étangs…) et qui sont d’autant plus marquants que s’accentuent la régression des pratiques agricoles et la superposition des formes d’aménagement récentes à celles plus anciennes des clunisiens… Tout ceci souligne ce caractère étrange d’espace à la fois accessible et pourtant lointain qui est souvent le propre des espaces intermédiaires. Une forme d’exotisme de proximité et une ambiance de secret caractérise cet espace du Bas-Livradois qu’Henri Pourrat appelait "le grand pays des paysans".

  3. MOTIFS PAYSAGERS

3.1 Les plantations de résineux.
Dans les vallons et sur les reliefs, les résineux ont gagné du terrain, réduisant la prégnance d’ambiance paysanne de la campagne du Bas-Livradois.

3.2 Les bassins d’effondrement.
Les petites vallées descendant vers la plaine ont une réelle qualité d’ambiance quand elles ne sont pas fermées et rendues inaccessibles par des boisements (ruisseaux, cascades, torrents, parcours de pêche…).

3.3 Les prés-vergers.
Dans les années 1930, le Puy-de-Dôme a été le premier département producteur de pommes. Le Bas-Livradois occupait sa place dans la production des fruits avec notamment sa variété adaptée aux conditions climatiques : la Feuillue. Si dans les vallées, les pré-vergers se sont transformés en vergers intensifs, des prés-vergers subsistent dans le Bas-Livradois et contribuent à l’atmosphère paysanne de l’ensemble de paysages.

3.4 Le couderc des hameaux et des bourgs.
Le hameau de Royat, par exemple, bâti autour de son couderc est un exemple type d’urbanisme rural des campagnes du Bas-Livradois (cf. Grandes composantes des paysages, 2.3. La richesse paysagère du Bas-Livradois : bourgs et hameaux…).

3.5 Les silhouettes des hameaux sur les reliefs.
La position des hameaux ou des installations humaines sur les reliefs parsèment le territoire du Bas-Livradois de silhouettes diverses, devenant fantomatiques dés que l’atmosphère s’assombrit et se voile : Usson, château de Mauzun, Saint-Jean-des-Ollières…

  4. EXPERIENCES ET ENDROITS SINGULIERS

4.1 Le site du château de Mauzun.
La silhouette fantomatique des ruines du château de Mauzun apparaît souvent dans la brume au fond des prés. Les escaliers et les tours ont disparu dans le courant du 20ème siècle. Le château est maintenant une propriété privée. Il est construit sur un promontoire qui surplombe la plaine de Billom. Si bien que sa silhouette dominatrice, visible de loin, est un point d’orientation important des habitants du territoire. Le château de Mauzun se pose comme "la sentinelle du Livradois". Une "porte" entre le pays de la plaine céréalière et celui des éleveurs de la montagne.

4.2 Saint-Dier-d’Auvergne.
Le centre religieux de Saint-Dier-d’Auvergne est rattaché à l’abbaye de la Chaise-Dieu. Il fait partie du réseau de sites casadéens qui parsèment le territoire du Livradois.

4.3 Le château des Martinanches.
A quelques kilomètres de Saint-Dier, le château d’origine médiévale des Martinanches entouré d’une douve, est positionné dans une dépression qui le rend peu visible.

4.4 Le village d’Usson.
Perché sur les flancs d’un relief basaltique, le village d’Usson est un surprenant belvédère panoramique.

4.5 La zone pavillonnaire construite dans l’ancien enclos de jardins vivriers.
A la limite du bourg de Sauxillanges, une petite zone pavillonnaire a été aménagée à l’intérieur d’un enclos de murs anciens de jardins vivriers. La rue qui dessert les pavillons dans l’enclos a été nommée impasse des jardins. Une petite construction rurale bigarrée plus ou moins ancienne en pierre enduite réhaussée de trois niveaux de briques a été préservée à l’entrée de la zone. De nouveaux murets ont été construits pour séparer les terrains des pavillons. La superposition crée une ambiance de zone d’habitation curieuse. La présence des murs anciens et la fonction ancienne du lieu n’a pas eu de conséquence sur le modèle de constructions et d’aménagements utilisé. Il y a beaucoup d’enclos autour du vieux bourg de Sauxillanges, au point que si la ville veut s’étendre avec des constructions nouvelles comme le font les autres bourgs, il faut construire dans les jardins. Les jardins enclos, particularité des siècles précédents, disparaissent sous le nouveau développement urbain.

4.6 L’église hétéroclite de Manglieu.
Sur la place du village de Manglieu, l’église, dont certaines parties datent du 7ème siècle, est l’une des plus anciennes d’Auvergne. Le bâtiment est une accumulation de constructions, reconstructions et ajouts au cours du temps. Ces ajouts sont bien visibles du fait de la grande différence de couleur des pierres utilisées sur les murs extérieurs. Un bâtiment en pierre rouge semble construit sur un autre en pierre ocre. C’est un cas rare où un œil non expert a accès facilement à ces superpositions historiques et au caractère composite des bâtiments religieux qui nous entourent.
La légende dit qu’un prêtre revenant de Rome avec un sachet contenant des cendres d’un Saint, après s’être reposé au pied d’un arbre sur lequel il avait suspendu le sachet, ne pouvant le détacher de la branche, décida d’y faire construire l’église. Ce mode d’installation singulier rappelle que jusqu’à une période pas si lointaine, les installations humaines en Occident étaient largement soumises à une combinaison complexe entre raisons pratiques et aléas des croyances et des mythes. Même dans les cas d’installations les plus ordinaires.
Aujourd’hui, le socle du monument historique (la place publique) est entièrement recouvert de bitume jusqu’aux murs des maisons et de l’église. Les usages anciens de ces grands espaces, notamment pour les bêtes, ont disparu laissant derrière eux des espaces inutilisés sur lesquels il est difficile d’intervenir.

  5. CE QUI A CHANGE OU EST EN TRAIN DE CHANGER

  • Le recul de l’activité agricole.
    Il a conduit à une certaine perte de diversité des éléments qui constituent la particularité ordinaire des paysages du Bas-Livradois. La "mosaïque d’espaces" (bocage, vergers, prairies, cultures, jardins…) tend à s’homogénéiser. Beaucoup de vergers sont à l’abandon, les parcelles accidentées ou pentues sont souvent laissées en friche.
  • L’intensification agricole sur les plateaux.
    Par exemple, les grands champs de culture céréalière sur le plateau de la Chapelle-sur-Usson. L’ambiance de paysannerie et de campagne décrite par Henri Pourrat dans les années 1950 a longtemps perduré, aujourd’hui modifiée ponctuellement par une intensification des cultures sur certaines zones au données climatiques plus favorables.
  • Le développement urbain en périphérie des villages et l’abandon des cœurs anciens.
    Par exemple, à Cunlhat, un lotissement a été aménagé sur un verger dans les années 1970. Les arbres fruitiers ont disparu. Autre exemple : après Estandeuil, sur la route départementale 337 en direction de Mauzun, la route panoramique a été "colonisée" par des maisons individuelles et de petits collectifs de maisons jumelles. Elles font un premier plan nouveau à cette vue. Le long de la route, des murs enduits ont été érigés en limite de terrains.
  • la désaffection collective à l’égard des étangs : perte progressive des pratiques socio-économiques attachées.
    Certains aménagements actuels traduisent une tendance à l’abandon des valeurs collectives et pratiques associées aux étangs anciens.

  6. VERSION IMPRIMABLE

Fiche imprimable 4.04 Bas-Livradois
Fiche imprimable 4.04 Bas-Livradois

Fiche imprimable 4.04 Bas-Livradois (format pdf - 1.6 Mo - 02/02/2017)

  7. PHOTOTHEQUE

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