Haut-bassin de la Gervanne et haut-Royans

publié le 18 mai 2017

Département  : Drôme
 
Communes  : SAINT-LAURENT-EN-ROYANS, SAINT-MARTIN-LE-COLONEL, ECHEVIS, LA CHAPELLE-EN-VERCORS, BOUVANTE, SAINT-JULIEN-EN-QUINT, ORIOL-EN-ROYANS, SAINTE-EULALIE-EN-ROYANS, ROCHEFORT-SAMSON, LEONCEL, BARBIERES, LE CHAFFAL, BEAUREGARD-BARET, BEAUFORT-SUR-GERVANNE, EYGLUY-ESCOULIN, OMBLEZE, PLAN-DE-BAIX, SAINT-ANDEOL, VACHERES-EN-QUINT, VASSIEUX-EN-VERCORS, SAINT-JEAN-EN-ROYANS
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 21773
 
Carte(s) IGN : 3136 ET

Impression générale

Nous sommes au cœur du Vercors : ses gigantesques et abruptes falaises karstiques, ses villages et puissantes fermes en vieilles pierres calcaires, ses forêts denses, ses plateaux pelés et rocailleux…Le Haut-bassin de la Gervanne et le Haut-Royans est immense, varié, accueillant en été, rude en hiver. Les sentiments hivernaux oscillent entre envie de parcourir des étendues immaculées, en raquettes ou à skis, ou désir de rester au coin d’un feu de cheminée. L’été, les espaces sont tout autant attirants pour les randonneurs, impressionnants pour les grimpeurs ou majestueux pour les familles, entre les plateaux aux horizons lointains, les falaises aux à pics vertigineux blanchies par la lumière du soleil, les gorges luxuriantes d’Omblèze, les cols aux panoramas magnifiques…Le pastoralisme disparaît peu à peu, faisant redouter l’avancée de la forêt en bas des pentes et l’embroussaillement des prés. Il est remplacé par une activité touristique, importante à Font d’Urle, dont les bénéfices pourraient être partager, en encourageant l’agriculture par le développement de l’accueil à la ferme, la valorisation des productions locales…

Identification

Le Haut-bassin de la Gervanne et le Haut-Royans constituent une unité paysagère de grande taille (21 773 hectares) au cœur du Vercors. Ses limites, toutes forestières, sont fixées par le relief karstique et les sommets, en une forme irrégulière :au Nord, la Montagne de l’Arp et la descente boisée vers la vallée de l’Isère ;à l’ouest, les montagnes de Musan, de l’Epenet (limites du Parc Naturel) et du Vellan ;au sud, la Vallée de l’Ergluy et la D172 ;à l’est, la Grand Côte, les falaises de Font d’Urle, les montagnes d’Ambel et des Teulières et enfin la Serre de l’Echarrène.L’organisation étagée du paysage est rendue lisible par la présence de points de vue panoramiques (Croix du Vellan, Col de la Chau, Col de la Machine, Col de la Croix), qui atténuent la coupure visuelle constituée par les forêts. Les villages se situent en bordure de rivière, les fermes isolées – rares - à proximité de points d’eau. Ils sont entourés de prés, limités par des haies, puis de la forêt (feuillus et conifères selon l’altitude) et enfin des falaises. Celles-ci donnent bien souvent une impression de gigantisme.Le plissement calcaire, la pente et l’eau ont structuré le paysage, situé en moyenne montagne entre 400 et 1 000 mètres d’altitude avec des pics à plus de 1 300 m sur les rebords. Les espaces ouverts sont rares, en dehors du plateau calcaire de Font d’Urle, avec ses effets de rebord rocheux, qui rappelle les plateaux du Vercors.Les variations saisonnières sont fortes, entre l’été, accueillant, sec et chaud, dont la luminosité est accentuée par la réverbération du soleil sur les falaises, et l’hiver, froid, hostile et brumeux, comme dans les Gorges d’Omblèze.

Qualification

Le Haut-bassin de la Gervanne et le Haut-Royans, à l’origine peu accueillant, bénéficie d’une revalorisation touristique dynamique tout au long de l’année : stations de ski familiales (Font d’Urle), ski de fond, raquettes en hiver, randonnée (le GR9 passe en limite offrant des panoramas impressionnants), tourisme à la ferme, sports de pleine nature (vol libre, escalade) en été. Les Gorges d’Omblèze et le Saut de la Druise (une cascade de 75 mètres de haut), sites classés, attirent de nombreux visiteurs pour leur végétation luxuriante, et la présence de l’aigle royal et du faucon pèlerin, les marmites géantes aux flancs lissés par le torrent, des sites d’escalade…L’agriculture, essentiellement pastorale, est mise en valeur par le label « Ferme du Vercors » mais la déprise agricole est très lisible et étendue.L’exploitation et la valorisation de la forêt est un enjeu fort de développement.

Transformation

Le déclin agricole passé perdure, et s’accentue : il se traduit par une couverture forestière désormais majoritaire.Les transformations viendront du bâti, amené à subir une spéculation de plus en plus dommageable à l’agriculture, déjà en perte de vitesse. Une séparation du foncier bâti et non bâti s’opère lors des acquisitions en vue de réhabilitation. La forêt et l’embroussaillement gagnent les zones qui ne sont plus exploitées par le pastoralisme. Le paysage perd de ce fait son ouverture, que le tourisme ne semble pas être en mesure de préserver.

Objectifs de qualité paysagère

Afin de préserver leurs paysages, le Haut-bassin de la Gervanne et le Haut-Royans gagneraient à encourager l’agriculture, garante de l’entretien des espaces ouverts. Cependant, la gestion forestière doit assumer la gestion des boisements, leur valorisation et désormais, se concilier aux usages touristiques.Le développement du bâti, dû à la fréquentation touristique, doit être limité aux secteurs déjà urbanisés (villages), et respecter les traditions architecturales du Vercors (recommandations du Parc)Les cols, au traitement actuel à minima (bâtiment d’accueil éventuel, parkings goudronnés, simple sécurisation) offrent les seules visions panoramiques : ils gagneraient à être mis en valeur par des aménagements innovants (belvédères, balcons…).