Vallée de l’Ouvèze, bassin de Chomérac et collines à l’est du plateau du Coiron

publié le 5 mai 2017
Département  : Ardèche
 
Communes  : LA VOULTE-SUR-RHONE, ROCHESSAUVE, SAINT-BAUZILE, SAINT-SYMPHORIEN-SOUS-CHOMERAC, SAINT-VINCENT-DE-BARRES, ROCHEMAURE, MEYSSE, SAINT-MARTIN-SUR-LAVEZON, COUX, FLAVIAC, LYAS, LE POUZIN, ROMPON, SAINT-JULIEN-EN-SAINT-ALBAN, SAINT-LAGER-BRESSAC, ALISSAS, BAIX, CHOMERAC, CRUAS, PRIVAS, PRANLES, SAINT-CIERGE-LA-SERRE, SAINT-VINCENT-DE-DURFORT, BERZEME, SAINT-PIERRE-LA-ROCHE, FREYSSENET, VEYRAS, SAINT-ETIENNE-DE-BOULOGNE, SAINT-LAURENT-SOUS-COIRON, SAINT-PRIEST, GOURDON, POURCHERES, AJOUX, CREYSSEILLES, SAINT-LAURENT-DU-PAPE
 
Famille de paysages : Paysages agraires
 
Surface (Ha) : 24419
 
Carte(s) IGN : 2937E et 3037O

Impression générale

Cette unité abrite la préfecture de l’Ardèche. Elle se définit d’abord par ses limites - le Rhône à l’Est, le Coiron au Sud et les Boutières au Nord - créant ainsi comme une enclave relativement plane dans un ensemble montagneux. A l’intérieur, l’unité est hétérogène, tant d’un point de vue géologique que des typologies paysagères qu’on y rencontre. Par exemple, la pression urbaine, si forte à certains endroits qu’elle menace de faire basculer l’unité dans la famille des paysages émergents, reste cependant localisée. Entre le défilé de la vallée de l’Ouvèze, marqué par une tradition industrielle, la plaine de Chomérac dominée par l’agriculture ou l’aspect naturel du massif calcaire qui les sépare, les ambiances sont variées.C’est donc bien par ce phénomène de \’creux\’ entre des montagnes plus hautes et par la présence de Privas qui fait de cette unité un ensemble fonctionnel que cette unité trouve sa cohérence. En dehors de ces aspects, la diversité caractérise cette unité.

Identification

L’unité se divise selon 3 bassins versants aboutissant tous au Rhône : - l’Ouvèze- la Payre- le LavezonL’Ouvèze, linéaire et prenant sa source au col de l’Escrinet, est coincée entre la première crête des Boutières et le massif calcaire du Gras (assimilable par ses caractéristiques à l’unité 289-Ar). Les deux autres rivières coulent du Coiron et s’étendent de façon plus erratique dans une plaine agricole.L’unité, en creux, est bordée par des pentes - pente du Coiron, pente des Boutières, pente de Barrès - où l’habitat a trouvé sa place en limite des terres agricoles.limites de l’unité : Est : costière (dont massif de la forêt de Barrès) et vallée du RhôneNord : premières crêtes des Boutières culminant vers 800mSud : plateau du Coiron, lui aussi vers 800m.Ouest : les deux massifs se rejoignent au col de l’escrinet, point de passage unique, délimitant ainsi une unité en triangle.L’identité de l’unité est d’abord iée à la présence, en son milieu, de l’agglomération de Privas, préfecture de l’Ardèche, dont le rayonnement économique comme culturel est faible. Cela permet à d’autres aspects de l’unité d’apparaître plus clairement comme la tradition agricole des plaines et la tradition des moulinages dont l’architecture industrielle du XIXè siècle marque l’abord des cours d’eau. Actuellement, ces identités sont peu exploitées et fortement concurrencées par le développement d’une urbanisation banalisée constituée de maisons individuelles diffuses et de bâtiments commerciaux ou d’activités. La compréhension globale de l’unité se fait en premier lieu par la lecture des limites : l’unité apparait en creux entre le massif du Coiron, les crêtes des Boutières et la costière du Rhône (massif de Barrès). A échelle plus réduite, la lisibilité du paysage est plus difficile, à la fois parce que l’unité est composée de plusieurs sous unités distinctes et de caractéristiques différentes, et parce que l’urbanisation en cours ne s’appuie pas sur les structures existantes (relief, cours d’eau, réseau des villages…)La poésie de ce paysage tient dans sa diversité et la capacité, pour celui qui prend le temps de s’y balader, de trouver des micro-sites préservés ayant chacuns leurs caractéristiques au milieu d’un paysage type périurbain banalisé (crête du Gras dominant l’Ouvèze, ripisylve de la Payre dans la plaine de Chomérac…). Ce contraste et cette cohabitation constituent un atout de ce paysage. Dans les plaines, la vocation agricole domine, où la mosaïque des cultures et les variations saisonnières participent activement de l’esthétique simple de ce paysage.Par ailleurs, si le regard s’arrête souvent sur les premiers plans, focalisant soudain sur une maison en chantier ou une infrastructure, il peut s’égarer au lointain, revenant au cadre général de l’unité formé par les crêtes des Boutières et du Coiron. En certains lieux, le regards s’échappe même de l’unité pour découvrir les crêtes de la Drôme (forêt de Saou) ou celles des ALpes au delà.

Qualification

Paysages exceptionnels et remarquables présents : col de l’Escrinet (remarquable) ; CRETE EN BALCON SUR LES BOUTIERES ET LA CEVENNE (remarquable) ; grotte de la Joubernie (remarquable) ; LES BOUTIERES (remarquable) ; PLATEAU DU COIRON (remarquable) ; REIVE DROITE DU RHONE ENTRE LA VOULTE ET LE POUZIN (remarquable) ; RIVE DROITE DU RHONE ENTRE CRUAS ET VIVIERS (remarquable). La valeur de l’unité tient initialement à sa vocation agricole. Cependant, celle-ci est fortement concurrencée par la vocation résidentielle (résidence permanente) qui se développe, dûe à la proximité de l’agglomération de Privas qui n’offre pas, elle, des qualités résidentielles attractives. La vocation économique (industries et commerces), présente depuis longtemps comme en témoigne les nombreux moulinages et autres usines installés le long des cours d’eau, se maintient et se développe (autour agglomération Privas)

Transformation

Si l’aspect agricole constitue le caractère dominant de l’unité, la pression urbaine est en passe de faire basculer l’image de l’unité vers les paysages périurbains ou émergents. Ce risque, peu présent dans la plaine de Barrès ou sur les pentes du Coiron est très présent dans la plaine de Chomérac, dans la vallée de l’Ouvèze et aux abords de l’agglomération.Enfin, l’arrivée d’objets nouveaux à fort impact paysager comme les éoliennes, peuvent qualifier différemment ce paysage.. Précisions : Actuellement, l’unité présente une dominante de paysage agraire lié aux plaines agricoles de Chomérac et de Barrès, même si l’agglomération de Privas, située au coeur de l’unité qualifie différemment l’unité. La pression urbaine qui s’exerce dans l’unité, lié à la présence de cette agglomération, tend à entrer en concurrence avec cette vocation agricole, voire avec les espaces naturels. Cette pression s’exerce de façon très diffuse, s’appuyant sur un réseau de fermes isolées, et peut aussi se traduire par d’importantes opérations sous forme de lotissements. Cette tendance à l’éparpillement, qui ne renforce pas les structures groupées des villages et hameaux et qui s’accompagne aussi d’implantations industrielles ou commerciales diffuses, est proche de modifier la dominante agraire de l’unité. Le basculement vers un paysage émergent ou périurbain est imminent. Ce basculement est d’autant plus proche que les modèles (architecturaux, urbains, routiers etc) utilisés ne renvoient à aucune spécificité locale et font partie du langage banalisé de l’aménagement en France. De fait, la dimension spécifique agricole devient moins lisible parce que ces signes nouveaux (maisons \’néo-rpovençales\’, ronds-points, bâtiments commerciaux, éoliennes…) s’imposent désormais au regard.

Objectifs de qualité paysagère

Protéger - Gérer - AménagerProtégerLes Gras (espace naturel), les ensembles patrimoniaux (Coux, St-Vincent…), le patrimoine architectural industriel…, les fermes isolées.GérerLes limites entre urbanisations et terres agricoles. Les abords des routes d’accès à Privas. L’impact paysager global des projets éoliens cumulés. La qualité architecturale et urbaine des extensions urbaines et des nouvelles constructions.AménagerLes espaces urbains des villages.Valoriser l’itinéraire de l’ancienne voie ferrée (voie verte ?), en faire un axe de développement de ce territoire.