Centre de ressources régional des paysages d’Auvergne-Rhône-Alpes

Pays du Beaumont

publié le 14 juin 2017

004 Pays du Beaumont en grand format (nouvelle fenêtre)

Département  : Isère
 
Communes  : AMBEL, BEAUFIN, CORDEAC, CORPS, MONESTIER-D’AMBEL, PELLAFOL, QUET-EN-BEAUMONT, PONSONNAS, VALJOUFFREY, NANTES-EN-RATIER, LA SALLE-EN-BEAUMONT, LES COTES-DE-CORPS, ENTRAIGUES, SAINT-LAURENT-EN-BEAUMONT, SAINTE-LUCE, SAINT-MICHEL-EN-BEAUMONT, LA SALETTE-FALLAVAUX, SIEVOZ, SAINT-JEAN-D’HERANS, SAINT-PIERRE-DE-MEAROZ, SAINT-SEBASTIEN, SOUSVILLE, SAINT-BAUDILLE-ET-PIPET, TREMINIS, VALBONNAIS
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 15497
 
Carte(s) IGN : TOP 25 : 3336 OT, 3337 OT

Impression générale

Le Pays du Beaumont se déploie en un éventail d’images. Il offre avec ses vastes plateaux cultivés, une facette rurale, et, avec la mythique Route Napoléon (RN 85), jalonnée de bars-restaurants et hôtels-étapes, un cliché un peu suranné de l’expédition routière pour le grand départ en vacances. Avec l’impressionnant viaduc et le barrage sur le Lac du Grand Sautet, aménagements hydro-électriques ressort une facette beaucoup plus moderniste. L’image de nature persiste de toutes parts avec les gorges vertigineuses, les massifs abrupts et rocailleux. Ponctué de somptueux panoramas sur les montagnes du Dévoluy, le pays du Beaumont allie donc des vues très sauvages et des équipements monumentaux. Entre les Ecrins et le Dévoluy, entre l’Isère et les Hautes-Alpes, ses ambiances paysagères sont marquées par la rencontre des climats montagnard et méditerranéen.

Identification

Territoire composite dans ses motifs et dans ses usages, le pays du Beaumont comprend des éléments marquants : lac du Sautet, route Napoléon, plateaux cultivés et montagnes. Le relief est modelé par les lignes de crêtes qui dessinent les limites de l’unité paysagère et les fonds occupés par les gorges et les bois. La friabilité du sol est palpable, la présence de l’eau, si importante qu’elle est utilisée comme source d’énergie. Le lac du Sautet, alimenté par la Drac et la Souloise, déploie ses deux bras à une altitude d’environ 750 mètres. Sa structure respecte le fond des vallons cernés de pentes abruptes et boisées. Avec son barrage surmonté d’un viaduc, grandioses installations qui méritent le qualificatif d’ouvrage d’art, il constitue presque un paysage à lui seul, en tout cas une sous-unité marquante. Le caractère agropastoral du pays du Beaumont s’exprime à travers la présence de cultures sur les plateaux et d’alpages sur les hauteurs, dans une logique d’adaptation de l’agriculture à la rareté des espaces exploitables. Des parcelles agricoles ouvertes, de nombreux prés entourés de haies, le tout s’étageant entre 800 et 1500 mètres d’altitude. Les vergers et même la vigne occupent la rive droite ; les cultures céréalières, plutôt les grands plateaux de la rive gauche. Les pentes boisées mêlent résineux et feuillus, dans une ambiance climatique et végétale pré-méditerranéenne. La plupart des villages ont conservé leurs silhouettes bien regroupées, comme Corps ou Pellafol, perchés sur son plateau à une altitude voisine de 900 mètres. Ils jalonnent la célèbre RN 85, qui relie la Mure à Corps, offrant un cortège un peu hétéroclite de bars-restaurants, et soulignent le caractère de traversée de ce territoire, passage montagnard historique entre Rhône-Alpes et Provence. A l’arrière-plan du lac, la silhouette caractéristique de l’Obiou, point culminant du massif du Dévoluy avec 2790 mètres. Images de naturalité grandioses, rompues néanmoins par les successions de lignes électriques issues des centrales en contrebas.

Qualification

Le Beaumont compte une économie partagée entre agriculture et tourisme, et lieu de pèlerinage avec Notre Dame de la Salette. Quelques lieux particuliers, comme le village de Pellafol, situé sur un plateau à 900 mètres d’altitude avec vue plongeante sur le lac du Sautet ; Notre-Dame-de-la-Salette, haut lieu de pèlerinage suite à l’apparition de la Vierge à deux jeunes bergers. Un lieu très couru de recueillement au cœur des alpages ; le lac artificiel du Sautet, créé par EDF en 1935 pour alimenter un de ses barrages hydroélectriques sur le Drac. Objet de curiosité pour les visiteurs par la monumentalité de ses ouvrages d’arts (viaduc et barrage), il est devenu centre de loisirs avec une base nautique et des activités comme la Via Ferrata.De La Mure au village de Corps, le gradient d’occupation résidentielle diminue. De nombreux villages et petits hameaux, des fermes isolées, l’occupation par l’habitat est constante, avec de nombreuses constructions en bord de route. Côté bâti, les fermes s’avèrent assez imposantes, de grosses bâtisses rectangulaires aux toits composites, la tuile écaille du Trièves ou l’ardoise de l’Oisans.

Transformation

Les éléments de transformation d’ordre naturel ont un impact direct, les risques d’éboulements très forts entraînant une limitation des espaces exploitables, notamment dans les fonds de vallées.Le lac du Sautet a été créé par EDF en 1935 pour alimenter un de ses barrages hydroélectriques sur le Drac. Celui qui était le plus haut barrage du monde de l’époque allait profondément modifier le paysage et l’économie de la région. Aujourd’hui, EDF a noué un partenariat avec la communauté de communes du Pays de Corps afin de rénover le belvédère du Sautet.Zone de traversée historique, lien entre deux grandes régions, le pays du Beaumont a connu un développement progressif, avec une dominante de ruralité qui ne s’est pas démentie. Sa population locale s’est maintenue, avec une part active dédiée aux gros aménagements comme le Lac du Sautet. La présence de centres de vie, écoles, poste, commerces, attestent d’une vitalité réelle. Des efforts ont également été entrepris pour développer le tourisme, avec la valorisation des sites et notamment le plan d’eau du Lac. En plus de la base nautique et du saut à l’élastique depuis les ponts du Sautet ou de Ponsonnas, l’ouverture d’une via ferrata de sept kilomètres, creusée dans les terrasses du Beaumont, draine de nouveaux publics.Après ces transformations « en douceur », il est aujourd’hui question d’aménagements plus importants. Si le projet d’éoliennes à Pellafol, aujourd’hui abandonné, pouvait se discuter, celui de l’autoroute A51 suscite de nombreuses interrogations. Son tracé, notamment, et son intégration aux côtés des multiples routes tortueuses qui font aussi la valeur de ce paysage.

Objectifs de qualité paysagère

L’Obiou et les gorges de la Souloise, du fait de leur singularité à l’échelle départementale et de leur caractère patrimonial, pourraient- prétendre à une protection, type sites classés de l’Isère. Certaines zones agricoles doivent être protégées et exclues des projets d’aménagement et d’urbanisation, notamment le long de la nationale.La Route Nationale 85 mériterait une requalification et des restrictions concernant les enseignes et l’usage de la publicité.La traversée du village de Corps gagnerait aussi à être requalifié afin d’inviter plus généreusement à l’arrêt. Des initiatives à saluer, comme un partenariat entre le gestionnaire du barrage du Sautet et la communauté de communes du Pays de Corps pour rénover le belvédère du Sautet dans un projet liant patrimoine industriel et tourisme.