Centre de ressources régional des paysages d’Auvergne-Rhône-Alpes

5.03 Combraille bourbonnaise

publié le 14 août 2013 (modifié le 2 février 2017)

Ce texte est le résultat d’un agencement des choses dites par des paysagistes et leurs invités, tous embarqués dans une camionnette-voyageuse à travers l’Auvergne. Pour cet ensemble de paysages, il a été écrit à partir de tout ce qu’ils ont été capables de voir ensemble, durant l’itinéraire n°24 des ateliers mobiles des paysages, qui a été effectué le 28/02/2012.

1. SITUATION

Au nord des Combrailles (4.05), la Combraille bourbonnaise se situe à cheval entre le département de l’Allier et le département du Puy-de-Dôme. Les transitions entre cette "basse" Combraille et les ensembles de paysages adjacents sont progressives…. Au nord avec l’ensemble du Bocage Bourbonnais (5.01), au nord-ouest avec la vallée du Cher (8.03) et le Bocage du Bas-Berry (5.02). Les gorges de la Bouble constituent approximativement la limite de l’ensemble de paysages à l’est. De moins haute altitude que l’ensemble paysager des Combrailles, mais plus haut que les différents ensembles de bocages de l’Allier, il tient de tout ce qui l’entoure tout en ayant un caractère propre très marqué.

Cet ensemble appartient à la famille de paysages : 5. Le bocage

Les unités de paysages qui composent cet ensemble : 5.03 A Bocage de Pionsat / 5.03 B Bois de Pionsat / 5.03 C Bassin de St-Eloy / 5.03 D Plateau et vallée de Néris / 5.03 E Plateau de la Petite-Marche / 5.03 F Plateau de Durat-la-Requille / 5.03 G Bocage de Marcillat.

2. GRANDES COMPOSANTES DES PAYSAGES

2.1 Un « paysage enchanteur ».
Scène paysagère typique de la Combraille Bourbonnaise
Le paysage de la Combraille Bourbonnaise est un « paysage enchanteur ». Le relief est un peu plus prononcé qu’ailleurs dans le Bocage Bourbonnais. Il y a plus de petites mares et de zones humides en fond de vallons où courent des petits ruisseaux. Les vallons sont plus nombreux car le réseau de petits cours d’eau est plus dense. Les arbres sont plus grands et de tailles variées. Il y a plus de bosquets et de petits vergers. Des forêts forment des arrière-plans plus souvent. Le chemin encadré de deux bouchures y est un véritable motif paysager. Le réseau des haies est encore maintenu en bon état. Ce qui peut faire penser à celui qui entre en Combraille Bourbonnaise depuis l’ensemble de paysages du Bocage Bourbonnais en pleine mutation que les habitants des Combrailles, plus que ceux du bocage, ont envie de garder leurs bouchures. On peut faire l’expérience de cette différence entre Bocage Bourbonnais et Combraille Bourbonnaise sur la route départementale 68, aux environs de Vernusse à quelques kilomètres de Montmarault, où on entre dans la partie "Combrailles" de l’Allier.

2.2 Un charme basé sur certaines variations et différences.
Paysage enchanteur aux alentours de Blomard

  1. La couleur de la campagne. Loi visuelle testable en Combraille Bourbonnaise : « quand il y a beaucoup de haies, la campagne est beaucoup plus verte ».
  2. L’indice des buis et des murets. La présence des buis, des châtaigniers, des noyers, des pommiers, des houx, des murets… indique que l’on entre dans le pays granitique de Marcillat-en-Combrailles. Il y a aussi plus de frênes que dans le Bocage Bourbonnais du fait de la montée en altitude (600 mètres contre 450 mètres dans le Bourbonnais). L’atmosphère générale devient plus « intimiste ». Les noms de lieux reprennent les terminologies liées au buis : Buxières-sous-Montaigut, Les Bouis Vélard…
  3. La hauteur des haies. Parfois, dans certains secteurs et de façon très ponctuelle, les haies sont taillées très hautes, à plus de deux mètres. Plus on écrase la haie, plus il y a de ronces. Schématiquement, on peut observer que sur le plateau des Combrailles aux altitudes plus hautes (ensemble de paysages 4.05), on taille les haies plus hautes et que sur l’ensemble de paysages de la Combraille bourbonnaise, plus bas en altitude, elles sont taillées basses. Ce qui n’empêche pas des variations selon les secteurs.
  4. Le pays de la noisette. La Combraille, de Montluçon au Sancy, est le pays de la noisette. Le terrain est granitique et les noisetiers s’y plaisent. Ils sont partout dans les haies. Les noisettes font partie de l’environnement ordinaire saisonnier des habitants. Avec les frênes et les chênes, les noisetiers produisent aussi du bois d’élagage.
  5. « La pommière ». Parfois, près des hameaux ou des bourgs, on laisse traditionnellement pousser de vieux pommiers dans la haie bocagère. On l’appelle « la pommière ». C’est un élément typique du paysage ordinaire du pays de Marcillat-en-Combrailles par exemple. La pommière servait à la production familiale. La « poirière » que l’on cultivait sur la façade de la ferme orientée au sud en particulier dans la vallée de l’Ance dans le Forez (Puy-de-Dôme) en est un équivalent.

2.3 Un réseau de voies secondaires très dense résultant de la dispersion de l’habitat.
Ces voies qui reprennent le tracé des chemins faîtraux permettent une grande pénétration et une découverte approfondie du territoire. Le développement des activités liées à la randonnée leur confère un enjeu paysager certain.

2.4 Des signes évidents de l’importance culturelle de l’eau.
Au-delà de la présence généralisée de l’eau en Combrailles sous forme d’étangs, de petites mares, de ruisseaux et petites zones humides en fond des multiples vallons, certaines formes d’aménagements plus ou moins modestes en dimension, plus ou moins visibles, plus ou moins actuels ou anciens, sont autant de signes de l’importance culturelle de l’eau dans ce territoire. Par exemple :

  • Le béal refait près de Vernusse. Le long de la route départementale 68 avant Vernusse, un béal vient d’être recreusé dans la partie haute d’un pré en pente. La rigole mène l’eau pour irriguer les prairies en contrebas. Creuser des rigoles d’irrigation pour arroser des prairies de fauche dans des zones vallonnées montagneuses était une pratique agro-pastorale répandue. Il en reste des témoignages encore actifs dans certaines parties de l’Auvergne (Combrailles, Châtaigneraie du Cantal). Ces rigoles font partie, au même titre que les mares, des éléments qui constituent l’environnement ordinaire et le rapport vital à l’eau des habitants des campagnes par le passé. Certaines rigoles pouvaient faire des centaines de mètres, voire des kilomètres dans certaines régions.
    Petite mare et béal restauré sous Vernusse
  • Le plan d’eau de la gare de Lapeyrouse. Une base de loisir a été aménagée autour d’un plan d’eau artificiel qui relie la partie de la gare de Lapeyrouse au centre du bourg. La base de loisir, les plages et le lac ont été aménagés il y a une vingtaine d’années. La combinaison entre les deux parties de bourg reliées par un plan d’eau est étrange. L’étang est artificiel mais une colonie de roseaux s’est développée sur ses rives non touristiques, près de la route. Le lac ressemble à une mouillère au milieu du bocage (une mouillère est une zone de prairie souvent inondée après de fortes pluies ou crues). Les prairies ponctuées de chênes isolés descendent en pente douce dans le lac sans aucune transition.
    Etang de Lapeyrouse
  • L’étang fantôme. Au bord de la route départementale 92, près de Celle, un étang a été asséché. Le chemin passe sur la digue qui bloquait les eaux de l’étang. Aujourd’hui, l’étang est un pré en cuvette traversé par un fossé rectiligne dans lequel s’écoule un ruisseau. Des bouchures sur tous les côtés forment les limites de l’ancien étang. Les étangs sont nombreux dans les Combrailles du fait du caractère granitique et argileux des sols. Ils disparaissent parfois sous la forme de prés.
    Etang asséché non loin de Montaigut

2.5 Les marques du monde industriel minier.
L’Auvergne est une région très industrielle mais n’est pas connue comme telle. La Combraille Bourbonnaise est traversée par le sillon houiller auvergnat. Entre les grands sites industriels de Saint-Eloy-les-Mines et de Commentry, et autour de ceux-ci, de multiples petits sites miniers désaffectés parsèment le territoire. Les traces plus ou moins apparentes de ce passé (abandons ou reconversions) génèrent une atmosphère de campagne post-industrielle singulière, propre aux Combrailles.

2.6 L’héritage caché.

  • Les terrils abandonnés. Sur la route départementale 155, après les Tilleuls, en arrivant aux Ferrières, de chaque côté de la route, à environ cinquante mètres, deux terrils apparaissent au-dessus et à travers les arbres. L’un est entièrement recouvert d’un bois de frênes ou de chênes déjà grands, signe de son long abandon. N’est perceptible que sa silhouette derrière les arbres. L’autre est entouré d’un bosquet d’arbres pionniers déjà grands (bouleaux, saules…). Seul un petit sommet dépasse. Sans y faire attention, on peut manquer leur présence. Une atmosphère de ruines bientôt ensevelies dans les bois.
    Terril et logements miniers en arrivant à Commentry
  • La voie ferrée devenue chemin. En arrivant à Commentry par la route départementale 455, une grande allée bordée d’un taillis de feuillus longe la route sur plus d’un kilomètre. L’allée est la reconversion de l’ancienne voie ferrée qui menait droit aux terrils de Ferrières. Le territoire minier est parsemé d’aménagements "résultants", dont on ne comprendra bientôt plus l’origine et qui restera pour beaucoup une série d’énigmes au même titre que les souterrains annulaires de la Montagne Bourbonnaise par exemple.
    Voie ferrée devenue chemin à Commentry
  • Les dessous des territoires miniers. Le patrimoine minier de l’Allier est très important. Commentry est peut-être le symbole de l’époque industrielle de la mine bien que, depuis 1750, c’est une grande partie des sous-sols de l’Allier qui a été exploitée (Bassin de Bert-Montcombroux à l’est, de Doyet-Bézenet-Montvicq, de Souvigny-Noyant-Le Montet, de Buxières-les-Mines à l’ouest…). L’exploitation du charbon a laissé de nombreuses traces : terrils, carreaux et chevalements mais aussi, galeries souterraines qui subissent aujourd’hui des « aléas ». Un inventaire des risques d’aléas suite aux arrêts d’exploitation des mines a été réalisé récemment dans le département. Des cartes d’aléas ont été dressées par l’Etat. Les aléas peuvent porter sur : des mouvements de terrains (effondrements, tassements, glissements, fontis = affaissements localisés…) ; des ouvrages miniers (puits et galeries) ; les terrils ; des émanations dangereuses de gaz ; des zones détrempées. Différents aléas ont été recensés sur différents secteurs. Parfois des découvertes imprévues peuvent être faites comme ça a pu être le cas à Monistrol-sur-Loire en Haute-Loire où trois puits de mines oubliés ont été découverts en zone industrielle. Ailleurs, une rupture de tête de puits (voûte) sur un ancien local minier réhabilité en maison d’habitation… Ailleurs encore, un terril est encore en combustion et fait l’objet d’une surveillance. Les services de l’Etat font l’inventaire des aménagements miniers abandonnés de manière à en conserver la mémoire en vue d’usages futurs des terrains et à orienter l’urbanisation des zones de bassins en fonction des risques éventuels.
  • Sous le pré de l’entrée de ville. A Commentry, près du rond-point de l’ancienne porte des forges, un grand pré héberge encore des chevaux et marque l’entrée de la ville. La zone située sur un réseau de galeries de mines est interdite de toute construction. En arrière plan du pré, les usines.

2.7 Exemple d’urbanisme industriel : Commentry.
La Cité des Brûlés, à l’entrée de Commentry, a été construite sur le modèle des corons. Une cinquantaine de maisons toutes mitoyennes. Chaque maison a un jardinet devant et derrière, sur le principe des cités jardins du début du siècle, réadapté à des dimensions plus étriquées. Une maison de mineur était plus étroite que celle d’un contremaître. Une rue principale rectiligne dessert une grande partie des maisons. Le plan de la cité est orthogonal.
La ville de Commentry est un exemple d’urbanisme industriel, organisé autour des voies ferrées et des usines. Un tiers de la superficie urbaine est occupé par le rail, les zones d’entrepôts, les usines chimiques, les forges, les bassins, les zones de dépôts et les terrains de friches minières… Une autre cité, au sud de la ville (Cité Léon Lévy), plus grande que celle des Brûlés, est organisée en plan quadrillé autour d’un espace vert central carré. En limite de la cité, le stade des sports…
Cité minière à Commentry

2.8 Le rôle de Néris-les-Bains au temps des mines.
Néris-les-Bains est une station thermale réputée à quelques encablures de Montluçon. Son rôle à l’intérieur du monde industriel minier est moins connu. La plupart des ingénieurs des forges de Montluçon et de Commentry y habitaient. La ville offrait tous les services d’une ville thermale bien équipée pour la vie quotidienne, les loisirs : Casino, thermes, grande gare… Le style des maisons de la Belle Epoque se différenciait des quartiers des cités ouvrières.
Ancienne gare à Néris-les-Bains

2.9 Le bassin de Saint-Eloy-les-Mines.
Le bassin houiller de Saint-Eloy-les-Mines a été un grand bassin de l’ouest auvergnat. Dans la ville et les bourgs alentour, il reste des vestiges de l’histoire locale. Les plus apparents sont les quelques chevalements qui parsèment le territoire, les bouts de voie ferrées désaffectées et les cités des mineurs à l’urbanisme caractéristique. Sur la commune de Youx, le chevalement Montjoie sert à commémorer la mémoire des anciens mineurs. Un bouquet de fleurs a été posé à son pied. Le chevalement est rattrapé par la vie urbaine. Un petit square entouré de bouleaux borde l’esplanade sur laquelle une statue de mineur en train de pousser un wagonnet a été installée. Un terrain de tennis a été aménagé derrière le chevalement. Sur le portail de clôture, l’inscription « chaussures de tennis obligatoires » semble vouloir affirmer un caractère ordinaire du lieu. Elle répond curieusement à l’inscription sur la stèle de marbre installée au pied du chevalement : Hommage à nos mineurs.

2.10 La reconversion industrielle des anciens grands sites houillers : l’exemple de Saint-Eloy-les-Mines.
La ville de Saint-Eloy-les-Mines s’est développée autour de l’activité minière du début du 19ème siècle jusqu’à 1978, date de sa fermeture. Le problème majeur des villes de ce genre a été de réussir leur reconversion. Depuis la fermeture des mines, pendant une période d’une trentaine d’années, les vestiges de l’histoire minière ont été très largement effacés. L’usine Rockwool s’est installée aussitôt après sur le site du Puits du Manoir. Elle occupe un site de quarante-deux hectares en plein centre-ville. Par ailleurs, un plan d’eau a été réalisé, ennoyant une zone de dix-sept hectares suite à l’arrêt des pompes qui permettaient d’évacuer l’eau dans les mines. L’eau a rempli une immense étendue en plein centre-ville, qui est devenue le plan d’eau touristique de Saint-Eloy. En 2011, le processus local d’effacement des vestiges de la mine semble s’arrêter. Une maison de la mine est inaugurée, dont le but est de raconter l’histoire minière de la ville.
L’usine Rockwool est le plus grand fabricant mondial de laine de roche. Il emploie aujourd’hui environ six cents personnes localement. C’est le plus grand employeur du secteur. L’histoire industrielle de Saint-Eloy-les-Mines continue.

2.11 Paysage olfactif récent : reconversion de l’industrie minière à Commentry.
Une odeur accompagne la vie des habitants de la ville industrielle de Commentry : celle de l’usine de fabrication d’additifs pour le bétail, fondée en 1939. On y fabrique aujourd’hui des produits à base de méthionine (acide aminé) et de vitamine A, d’où une mauvaise odeur sporadique qui peut générer un climat d’inquiétude à chaque apparition. Les odeurs industrielles sont l’équivalent symbolique des cloches de nos campagnes du 19ème siècle. Elles prennent des sens qui peuvent être singuliers : météorologique en fonction de l’orientation du vent ; marque rythmique du temps qui s’écoule ; signe d’inquiétude et de danger insoluble, qui s’incarne dans l’incompréhension des changements réguliers du nom de l’usine… Les odeurs caractéristiques accompagnent les paysages industriels. Le site est classé Seveso.
Site classé SEVESO de Commentry

3. MOTIFS PAYSAGERS

3.1 Les chemins bordés de haies.
La plupart des chemins bordés de haies, plus ou moins sinueux, forment un motif qui invite le regard à les suivre.

3.2 Les mares et les étangs.
La présence de l’eau en Combrailles est dominée par les étangs, les petites mares et les petites zones humides en fond des multiples vallons (cf. Grandes composantes des paysages : Des signes évidents de l’importance culturelle de l’eau).

3.3 Le système de hauteurs des haies.
Les variations de hauteurs de haies en fonction des secteurs et des conditions locales génèrent un motif paysager particulier.

3.4 Mode de séchage du bois.
Traditionnellement, on appose les branches coupées à la verticale autour des troncs pour les faire sécher. C’est le meilleur système pour faire sécher le bois plus vite.

3.5 La densité de boisements de feuillus contribue au caractère de l’ensemble.
(cf. Grandes composantes des paysages : un paysage enchanteur.)

3.6 Les berges clôturées pour la production du bois de la ripisylve.
Au fond d’un vallon, les berges d’un ruisseau sont clôturées pour empêcher que les bêtes n’abîment les arbres qui produisent mieux au bord des rus. Un kilomètre de rivière produit le bois nécessaire au chauffage annuel d’une maison (Source Mission Haie d’Auvergne - URFA).

4. EXPERIENCES ET ENDROITS SINGULIERS

4.1 Le viaduc de la Bouble.
Le viaduc de la Bouble a été construit en 1871 lors de la mise en service de la ligne de chemin de fer Commentry-Gannat. Il enjambe la vallée de la Bouble sur une distance de trois cents mètres, à une cinquantaine de mètres d’altitude. Le viaduc de la Bouble a servi de modèle pour trois autres viaducs de la ligne (viaduc du Belon, viaduc de Rouzat et viaduc de Neuvial). Une étude pour la mise en valeur patrimoniale des viaducs de la Bouble et du Belon est menée par les élus et l’association "Les amis des viaducs du Val de Bouble", acccompagnés par la DREAL et son paysagiste-conseil.
Cf. Marlin C., Pernet A., Analyse et bilan de la politique des sites protégés dans le département de l’Allier, Diren Auvergne, décembre 2005

4.2 Les hêtraies et la forêt des Colettes.
La forêt des Colettes est une grande forêt domaniale qui s’étage de 350 mètres à 700 mètres d’altitude. A partir de 500 mètres environ, les hêtres dominent. En deçà, c’est le chêne rouvre. La forêt et la hêtraie des Colettes sont célèbres et anciennes. Leur histoire est chargée, du Moyen-âge où elle servait de refuge aux vagabonds et aux faux-sauniers jusqu’aux camp de maquisards de la 2ème guerre mondiale.

4.3 L’urbanisme circulaire de Malicorne.
Le village de Malicorne est organisé autour d’une place circulaire, la place de l’église, et s’apparente à un ensemble de bourgs de l’Allier conçus sur le même modèle cadastral ancien : Mirebeau-d’Allier, Charroux… On appelle ces formes d’aménagement, qui vont bien au-delà parfois de l’aire strictement urbanisée, terroirs circulaires ou parcellaires circulaires. Ils ont des formes particulières de cadastres radioconcentriques, ou ovoïdes ou elliptiques. Il y en a deux variétés : les petits terroirs bien délimités qui ont parfois une forme de cercle parfait et qui englobent ou non un village (certains sont composés de plusieurs cercles concentriques comme à Malicorne, qui sont pour partie d’origine médiévale) ; les grands terroirs beaucoup plus vastes sont composés de champs, parfois de bois, avec ou sans village au centre.

4.4 L’étalon historique de l’espace routier traversant les bourgs.
La traversée des bourgs sur l’axe routier entre Montmarault et Montluçon (Doyet, Bèzenet…) donne une impression d’étalonnage historique de l’espace selon des modalités très différentes de celles qui sous-tendent les dimensions de nos espaces urbains contemporains (quartiers d’habitats récents, zones d’aménagement concerté, zones industrielles et commerciales, routes…). Un espace disproportionné des bas-côtés de la route allant jusqu’aux maisons jumelées alignées sans faille… L’étalon ne semble pas être celui, contemporain de la voiture… La route, ancienne, est indiquée comme grand axe principal (route empierrée bordée d’arbres) sur la carte de Cassini datant de la fin du 18ème siècle. Comme à Riom-ès-Montagnes dans le Cantal où l’étalon vache est issu de l’histoire économique du territoire, l’étalon de ce genre d’espace urbain est sans doute à chercher dans l’histoire économique de cette partie de l’Allier.
Ces dimensions spatiales urbaines sont devenues rares et précieuses tant elles ont été transformées au cours du temps et réadaptées aux nouvelles conditions de vie largement dépendantes de l’automobile, l’étalon majeur des espaces publics de l’époque actuelle.

5. CE QUI A CHANGE OU EST EN TRAIN DE CHANGER

  • Influence d’une époque de transition énergétique : la déchiqueteuse et l’avenir des haies. Autrefois, on taillait les haies basses (environ soixante centimètres) pour faire des fagots. Un homme pouvait produire cent fagots par jour. Grâce à la déchiqueteuse, trente mètres cubes peuvent être produits en une heure. Grâce à elle, les haies peuvent trouver une nouvelles jeunesse d’exploitation et devenir une source de revenu pour les agriculteurs. Elles peuvent être revalorisées en granulés pour le chauffage et en plaquettes pour les chaudières à bois. La biomasse d’une haie est très importante : cinquante mètres cubes par kilomètre (Source Mission Haie d’Auvergne - URFA).
  • Influence d’une époque de transition énergétique : 3D agricoles = Développement Dynamique et Durable. Aux abords d’un hameau ancien, près de Marcillat-en-Combraille, a été construite une stabulation moderne surmontée d’une toiture photovoltaïque de grande taille. Le bâtiment est très visible. Il n’est entouré d’aucune haie. Ce genre de toitures s’est développé très vite dans les campagnes du fait des incitations gouvernementales sur l’énergie solaire. C’est le processus de production du bâtiment qui est particulier ici. Il est le résultat d’une stratégie d’entreprise organisée. Des agriculteurs se sont réunis en association pour produire de l’énergie et investissent dans des toitures photovoltaïques. Les jeunes agriculteurs trouvent un moyen, en s’organisant autour de la question de la production d’énergie solaire, de faire évoluer leur activité et leurs revenus. Les démarches agricoles de production d’énergie solaire favorisées par les aides gouvernementales, au départ individuelles, ont évolué pour devenir parfois des activités mixtes entreprenariales.
    L’association comprenant une cinquantaine de membres s’est nommée Energie 3D (Développement Dynamique et Durable). Elle s’appuie sur des questions de développement durable pour expliciter son action. Elle affiche comme objectifs de « favoriser le développement des énergies renouvelables sur le territoire des Combrailles, par le biais de technologies comme le photovoltaïque, l’éolien, la méthanisation ou encore le bois déchiqueté ».

6. VERSION IMPRIMABLE

Fiche imprimable 5.03 Combraille bourbonnaise
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7. PHOTOTHEQUE

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