Rive droite du val de Saône en aval de Villefranche et bassin de Lozanne

publié le 10 avril 2017
Département  : Rhône
 
Communes  : CIVRIEUX, MASSIEUX, PARCIEUX, REYRIEUX, LA TOUR-DE-SALVAGNY, CURIS-AU-MONT-D’OR, NEUVILLE-SUR-SAONE, POLEYMIEUX-AU-MONT-D’OR, SAINT-GERMAIN-AU-MONT-D’OR, ANSE, BELMONT, CHASSELAY, CHAZAY-D’AZERGUES, LES CHERES, CIVRIEUX-D’AZERGUES, LISSIEU, LUCENAY, MARCILLY-D’AZERGUES, MORANCE, QUINCIEUX, LIMONEST, DARDILLY, DOMMARTIN, EVEUX, FLEURIEUX-SUR-L’ARBRESLE, LENTILLY, LOZANNE, SOURCIEUX-LES-MINES, LIMAS, TREVOUX, AMBERIEUX, POMMIERS, CHARNAY, CHATILLON, LACHASSAGNE, MARCY, SAINT-JEAN-DES-VIGNES, GENAY
 
Famille de paysages : Paysages marqués par de grands équipements
 
Surface (Ha) : 14602
 
Carte(s) IGN : Top 25 2929 ET ; 2931 Et

Impression générale

Cette partie de la rive droite du Val de Saône renvoie une image diffuse, voire brouillée en raison de la juxtaposition de paysages. L’autoroute, la ligne TGV, la centrale électrique…imposent leurs marques, tandis que des ambiances rurales plus intimistes, se laissent découvrir et apprécier au détour de routes sinueuses. Les séquences d’eau, de vignes, de fermes anciennes sont comme autant de vestiges d’un paysage oublié.Depuis sa construction, l’autoroute A6 semble être devenue, au détriment de la Saône, la véritable épine dorsale de la rive droite du Val de Saône en aval de Villefranche et bassin de Lozanne. Partout sur la plaine, son influence est perceptible. Soumis à la forte pression foncière de l’agglomération lyonnaise, faisant partie intégrante de la Communauté Urbaine de Lyon sur certains secteurs (Genay, par exemple, y est rattachée depuis 1969), le Val de Saône en aval de Villefranche doit composer avec différentes perceptions, celle de l’usager et celle de l’habitant. Il doit également réussir à gérer son implacable mutation.

Identification

Les plaines de la Saône et de la Basse-Azergues (200 m) sont dominées à l’ouest par les pentes du Beaujolais culminant à 400 m et au sud par les collines des Monts du Lyonnais. Si ses limites sont claires avec le Beaujolais, les Monts du Lyonnais, l’agglomération de Lyon au sud, et le lit de la Saône au nord, la structure paysagère parait complexe. L’Unité paysagère « Rive droite du Val de Saône en aval de Villefranche-sur-Saône et le bassin de Lozanne » est organisée principalement autour de la plaine. Paysage dominant du premier plan, celle-ci est occupée tout autant par la Saône à l’est que par l’autoroute A6 – axe majeur européen de circulation. De grandes parcelles remembrées de cultures céréalières s’y étalent de part et d’autre. En perception dynamique, routière, la description peut se limiter à l’évidence de l’organisation dominée par les grands équipements (autoroute, ligne TGV, centrale électrique…) En perception plus lente et transversale, apparaissent différentes occupations des sols qui s’agencent en bandes parallèles à l’autoroute : plaine « suréquipée » et mitée de constructions, pentes des Monts du Beaujolais aux valeurs patrimoniales, et motifs naturels sur les collines des Monts du Lyonnais. Là, s’affirment quelques fermes traditionnelles en pierres… avec quelques points d’appels visuels comme le Mont Thou, à la silhouette caractéristique.Le Mont Thou, avec ses 609 mètres, est le deuxième plus haut sommet du massif des Monts d’Or, au nord-ouest de Lyon. On le repère par la sphère caractéristique qui ponctue son sommet (un radar construit en 1970, installation rattachée à la base de contrôle aérien de l’armée de l’air).

Qualification

« La rive droite du Val de Saône en aval de Villefranche-sur-Saône et le bassin de Lozanne » joue son rôle de couloir géographique ; le paysage est « mobile », les flux des transports y sont denses et incessants. Cette agitation fait un contraste avec les étendues agricoles de la plaine. Cette image est tout autant posée que fugitive. Ici, la route se veut paysage en soi, quasi-autonome et « décollé » des paysages environnants.Dominée par les grands aménagements, voie de passage européen entre le Sud et le Nord, la plaine confère une valeur essentiellement économique. Sur les versants, la pression foncière s’exerce avec impétuosité, avec un afflux important de population dans les communes bien desservies (Genay, par exemple, 2300 habitants en 1975, 4900 aujourd’hui). Venus ici pour être aux portes de Lyon, les riverains doivent à la fois composer avec un paysage marqué par les grands aménagements et la qualité de leur cadre de vie.A noter les sites inscrits : « abords des fortifications à Chazay d’Azergues », et « parc et château de Varax à Marcilly d’Azergues ».

Transformation

Des villages comme Lozanne ont depuis longtemps été des carrefours de déplacements et d’échanges. Ils ont aussi constitué des lieux de prédilection pour les promenades du dimanche. Les Lyonnais venaient, par le train, respirer l’air de la campagne et prendre un repas dans ses restaurants renommés.Au vingtième siècle, la vocation de la vallée comme couloir de déplacement s’est renforcée avec les grands équipements routiers et ferroviaires. Des espaces fonctionnels, qui ont pris le pas sur les témoins d’occupations plus anciennes qui disparaissent au fil des aménagements successifs. De grandes transformations ont déjà bouleversé les lieux.Reste à suivre la progression de l’urbanisme et les évolutions plus lentes, à plus petite échelle, dont les conséquences ne sont pas moins importantes sur le plan du paysage : dans le Beaujolais, agrandissement des parcelles de vignes, lotissements, maisons isolées dans les vignes… près des Monts du Lyonnais, pression foncière très forte qui tend à saturer le paysage en maisons individuelles. Le Val de Saône aval, « paysage de grands équipements » dans l’Observatoire Régional du Paysage, se transmute en « paysage émergent » en particulier dans la plaine, et les communes agricoles deviennent des banlieues résidentielles.

Objectifs de qualité paysagère

Les paysages marqués par les grands équipements constituent un enjeu régional lié à leur grande fréquentation. Au quotidien et à une plus petite échelle, c’est toute la réflexion liée à la péri-urbanisation qui se pose avec force.