Plateau Ardéchois

publié le 10 mai 2017
Département  : Ardèche
 
Communes  : SAINT-MARTIAL, BEAGE (LE), BOREE, LE CHAMBON, DOMPNAC, MALARCE-SUR-LA-THINES, LABASTIDE-DE-JUVINAS, LAVIOLLE, MEZILHAC, MONTPEZAT-SOUS-BAUZON, PEREYRES, SAGNES-ET-GOUDOULET, SAINTE-EULALIE, MARCOLS-LES-EAUX, LABOULE, LA SOUCHE, USCLADES-ET-RIEUTORD, SAINT-CIRGUES-EN-MONTAGNE, CROS-DU-GEORAND, ISSARLES, LAC-D’ISSARLES (LE), LACHAPELLE-GRAILLOUSE, MAZAN-L’ABBAYE, ROUX (LE), LACHAMP-RAPHAEL, BURZET, PLAGNAL (LE), SAINT-ETIENNE-DE-LUGDARES, SAINT-LAURENT-LES-BAINS, VALGORGE, LAVILLATTE, COUCOURON, ISSANLAS, LANARCE, LESPERON, SAINT-ALBAN-EN-MONTAGNE, BARNAS, MONTSELGUES, SABLIERES, SAINTE-MARGUERITE-LAFIGERE, ASTET, BORNE, CELLIER-DU-LUC, LAVEYRUNE, LOUBARESSE, MAYRES, SAINT-ANDEOL-DE-FOURCHADES
 
Famille de paysages : Paysages ruraux patrimoniaux
 
Surface (Ha) : 62776
 
Carte(s) IGN : 2737 E - 2836 E - 2836 O - 2837 OT - 2838 OT

Impression générale

La plateau ardéchois correspond à l’extrémité Sud-Est du Massif Central et ressemble par certains aspects aux plateaux d’Auvergne. Il se décompose nettement en deux sous unités : - le Pays des Sucs à l’Est, caractérisé par un paysage très ouvert de pâturages ponctués par les différents sucs d’origine volcanique dont le Massif du Mézenc (point culminant) et le Mont Gerbier de Jonc (sources de la Loire)- les plateaux boisés à l’Ouest, discrètement traversés par le cours de la Loire et ponctués de plusieurs lacs (lac d’Issarlès, lac de la Palisse…).Si cette unité se poursuit au Nord et à l’Ouest sur les départements voisins (Haute-Loire et Lozère) elle s’arrête subitement mais de façon très découpée au Sud et à l’Est par une rupture de pente qui marque la fin du plateau.Cette unité est fortement marquée par la présence du volcanisme (sucs, lacs, anciens cratères, roche volcanique utilisée pour les contructions…).L’impression générale qui se dégage de cette unité est celle d’un espace immense où l’homme a pleinement sa place (en dehors de certaines périodes hivernales où le climat rend cette présence difficile). Cette notion d’espace est cependant atténuée par la présence de plus en plus importante des forêts qui tendent à limiter les ouvertures visuelles et à remettre en cause la lisibilité de la dominante agricole. On retiendra de ce paysage quelques éléments marquants comme le sommet du Mézenc, le suc du Gerbier et le Lac d’Issarlès et la présence, plus imaginaire que perçue, de la Loire qui y prend sa source. Ce sont ces éléments emblématiques, davantage que la présence diffuse d’une architecture traditionnelle préservée, qui donnent à cette unité sa dimension patrimoniale. Enfin, on notera les multiples points de vue et belvédères qu’offrent les rebords du plateau à l’Est et au Sud sur les pentes du Massif Central, conférant à ce secteur une qualité et une force paysagère exceptionnelle.

Identification

L’impression générale qui se dégage de cette unité est celle d’un espace immense où l’homme a pleinement sa place (en dehors de certaines périodes hivernales où le climat rend cette présence difficile). Cette notion d’espace est cependant atténuée par la présence de plus en plus importante des forêts qui tendent à limiter les ouvertures visuelles et à remettre en cause la lisibilité de la dominante agricole. On retiendra de ce paysage quelques éléments marquants comme le sommet du Mézenc, le suc du Gerbier et le Lac d’Issarlès et la présence, plus imaginaire que perçue, de la Loire qui y prend sa source. Ce sont ces éléments emblématiques, davantage que la présence diffuse d’une architecture traditionnelle préservée, qui donnent à cette unité sa dimension patrimoniale. Enfin, on notera les multiples points de vue et belvédères qu’offrent les rebords du plateau à l’Est et au Sud sur les pentes du Massif Central, conférant à ce secteur une qualité et une force paysagère exceptionnelle.limites de l’unité : Les sucs, le cours de la Loire et les lacs éparses (lac d’Issarlès, de la Palisse, lac Ferrand…) structurent l’unité, comme la ligne de partage des eaux entre atlantique et méditerranée. Au Sud et à l’Est, le plateau s’achève de façon très découpéla géologie (volcanisme) est un élément fort de composition de ce paysage (sucs, cratères, lacs, matériaux de construction). L’alternance (et la concurrence) entre les espaces pâturés et la forêt caractérise ce paysage et son évolution. L’apparente douceur du relief ne doit pas masquer la rudesse du climat qui rend ce territoire très hostile en hiver.La Loire, très discrète dans ce paysage, est cependant un élément déterminant : son cours marque l’unité et rappelle la présence de la ligne de partage des eaux.Cette unité est relativement lisible : si elle se prolonge sur les départements voisins à l’Ouest et au Nord, sa limite à l’Est et au Sud est franche. Le secteur des sucs est plus facilement lisible du fait des grands pâturages qui révèlent le relief alors que la dominance des boisements à l’Ouest atténue cette lisibilité.Le secteur des sucs présente une image forte : le socle géologique semble tendre délicatement vers le ciel comme un aboutissement. Cet espace des sommets, couvert de grands pâturages, ponctué par les sucs, présente une pureté formelle qui en fait toute la qualité. Le secteur Ouest, moins lisible du fait des boisements et géologiquement plus complexe, ne se laisse pas appréhender d’un seul coup d’oeil. Plus secret, il offre aussi plus de surprises lors de la découverte. La présence de l’eau (lacs et rivières) en constitue probablement l’attrait principal. Par ailleurs, la position de fin de plateau donne à cette unité une fonction de belvédère qui mérite d’être découverte.Enfin, la dimension agricole de ce territoire s’appréhende aussi à travers la gastronomie : le Fin Gras du Mézenc (viande bovine), la charcuterie et les champignons témoignent eux aussi de ce paysage.

Qualification

Paysages exceptionnels et remarquables présents : CEVENNE ARDECHOISE (remarquable) ; Cham de Cham longe (remarquable) ; chartreuse de Bonnefoy (remarquable) ; CRETE EN BALCON SUR LES BOUTIERES ET LA CEVENNE (remarquable) ; Gerbier de Jonc (remarquable) ; HAUTE VALLEE DE L’ARDECHE (remarquable) ; HAUTS PLATEAUX ARDECHOIS (remarquable) ; lac d’Issarlès (remarquable) ; LE TANARGUE (remarquable) ; LES BOUTIERES (remarquable) ; Mazan l’Abbaye (remarquable) ; plateau de Montselgues (remarquable) ; REGION DES SUCS (exceptionnel) ; route D4 en Balcon (remarquable) ; VALLEE DE LA BORNE ET DU CHASSEZAC (exceptionnel). Cette unité présente une dimension patrimoniale forte et reconnue liée en premier lieu à la présence des sources de la Loire. Au delà de la présence des sources, cette valeur se concentre sur le secteur des sucs et s’appuie sur un paysage exceptionnel par sa force et sa pureté, constitué d’un socle géologique d’origine volcanique très lisible parce que les pâturages dominent. Identité bien française (la Loire), force tellurique (les volcans), grands espaces (les pâturages) et une présence humaine discrète mais résistante (les fermes) sont les éléments qui font la valeur immédiatement perceptible de ce paysage. Lors d’une approche plus fine de cette unité, les multiples sites liés à l’eau et les nombreux points de vue en belvédère marquant la fin du plateau, apparaissent comme des atouts non moins caractéristiques de ce territoire.

Transformation

Mutations majeures pouvant faire basculer l’image de l’unité :La qualité paysagère de ce secteur tient en grande partie à son économie agricole qui se trouve concurrencée d’une part par l’économie forestière et d’autre part par d’autres économies d’opportunité (les barrages hydro-électriques, les éoliennes, le tourisme…). Les mutations perceptibles relèvent donc principalement de la fermeture des paysages (fragmentation de la perception, perte de la lisibilité du socle géologique, renforcement du sentiment d’isolement…) et de la réalisation d’équipements qui semblent hors contexte (barrages autrefois, éoliennes aujourd’hui…). Si la progression des boisements peut facilement faire basculer l’image de l’unité de l’agricole vers le naturel (n’est-ce pas déjà le cas ?), la multiplication des éoliennes pourrait rapidement introduire une dimension industrielle dans un paysage dont la qualité tient à une agriculture artisanale.Mutations secondaires qui touchent à la qualité du paysage de l’unité :La fréquentation touristique, mal organisée, participe ponctuellement à la détérioration de certains sites (parkings sauvages, vendeurs forains en milieu naturel, multiplication de la signalétique sauvage, érosion de certains espaces.)La mutation progressive du bâti traditionnel (disparition de la lauzes, atténuation des qualités architecturales des façades par des enduits ciment, banalisation des volumes…) comme la multiplication de constructions neuves sans relation avec l’architecture du secteur participent aussi à une banalisation diffuse de ce paysage.. Précisions : Les deux principales dynamiques d’évolution sont :- d’une part la progression des boisements sur les pâturages : cette progression est très nette sur l’Ouest de l’unité mais l’Est semble résister, en particulier du fait de la démarche d’AOC engagée pour le Fin Gras du Mézenc (boeuf viande).- d’autre part l’arrivée de ces objets neufs que sont les éoliennes (secteur très favorable pour l’énergie éolienne mais peu desservi par les réseaux électriques)

Objectifs de qualité paysagère

1. Maintenir les espaces ouverts par un soutien actif à l’activité agricole d’élevage et une maîtrise systématique des boisements2. Limiter très strictement l’implantation de grands équipements lisibles à l’échelle de l’unité et en particulier éviter toute implantation de ce type dans le secteur des sucs.3. Organiser la fréquentation touristique en s’appuyant sur les pôles de services que constituent les villages et restaurer les sites en préservant leur dimension naturelle4. Promouvoir sur toute l’unité la préservation du bâti traditionnel (toitures lauzes).5. Définir une charte architecturale pour les constructions neuves, en respectant en particulier les modes d’implantation traditionnels (position par rapport au relief, orientation par rapport au vent, position dans la pente…), les volumes (volumes simples et allongés, pentes des toitures…) et en favorisant l’utilisation du bois, nouveau matériau de ce paysage.