Plaine de Barjac et plateau calcaire du Bas-Vivarais

publié le 9 mai 2017
Département  : Ardèche
 
Communes  : SAINT-THOME, VIVIERS, LE TEIL, AUBIGNAS, SAINT-REMEZE, BIDON, BOURG-SAINT-ANDEOL, SAINT-MARCEL-D’ARDECHE, SALAVAS, VAGNAS, VALLON-PONT-D’ARC, ALBA-LA-ROMAINE, SAINT-ANDEOL-DE-BERG, SAINT-JEAN-LE-CENTENIER, SAINT-PONS, VILLENEUVE-DE-BERG, GRAS, LAGORCE, LARNAS, SAINT-MAURICE-D’IBIE, VALVIGNERES, SAINT-GERMAIN, MIRABEL, BALAZUC, PRADONS, ROCHECOLOMBE, RUOMS, BESSAS, GROSPIERRES, SAINT-ANDRE-DE-CRUZIERES, SAINT-SAUVEUR-DE-CRUZIERES, SAMPZON, SAINT-MAURICE-D’ARDECHE, SAINT-PAUL-LE-JEUNE, BANNE, BEAULIEU, BERRIAS-ET-CASTELJAU, SAINT-MONTANT
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 50151
 
Carte(s) IGN :

Impression générale

La plaine de Barjac et le plateau calcaire du Bas-Vivarais constituent un « petit » monde en soi, à l’identité très marquée, dominant ses alentours au caractère pourtant fort : les gorges de l’Ardèche, la vallée du Rhône… Ils donnent un effet de surplomb, beaucoup de recul sur leur environnement, comme en retrait, une impression d’ouverture, voir de liberté. Les vues lointaines, par delà la vallée du Rhône, offrent des panoramas dégagés sur le sud du Vercors et même le Mon Ventoux : quelle respiration !Ici, les paysages alternent entre creux des bois méditerranéens et hauteurs des plateaux et falaises calcaires, oscillant entre grands panoramas, micro vallées et vallons intimes agricoles ou sauvages. La lavande nous le dit à chaque virage : nous sommes au sud de Rhône-Alpes, et les villages fortifiés, plantés sur les pentes comme les falaises, arrêtent notre regard sur un patrimoine souvent préservé avec goût, tout comme les fermes traditionnelles réhabilitées en gîtes ou locations touristiques.Restent dans la tête du visiteur du plateau, des villages de pierre campés sur les falaises rocailleuses, des plateaux ventés aux vues majestueusement dégagées, des champs rectilignes et odorants de lavandes, des sous-bois touffus, des micro vallées intimistes : une variété d’images qui persistent bien longtemps après qu’il ait quitté les lieux.Certains méandres de la vallée de l’Ibie, creusée dans le calcaire, forment des gorges aussi pittoresques que les gorges de l’Ardèche toutes proches.

Identification

Situés au Sud de l’Ardèche, la plaine de Barjac et le plateau calcaire du Bas-Vivarais constituent une unité de grande dimension : plus de 50 000 hectares. Bordée par la vallée du Rhône à l’Est, l’unité paysagère domine les pentes menant aux gorges de l’Ardèche au sud ainsi qu’à sa vallée à l’Ouest, de Lanas à Vallon-Pont-D’arc. Au Nord, le plateau descend doucement vers les vallées du Coiron.Les altitudes oscillent de 100 à 500 mètres et dominent d’environ 200 mètres les territoires alentours, offrant des vues lointaines sur les Monts d’Ardèche comme sur le sud du Vercors ou le Ventoux. Les paysages offrent une alternance de séquences visuelles boisées et restreintes ou à l’inverse très ouvertes. La profondeur de champ est immense. On passe souvent du premier plan au troisième plan directement, sans plan intermédiaire entre le territoire et l’extérieur, lointain. Au premier plan, des lavandes ou des bosquets, le second plan est constitué de villages, quand il n’est pas absent, laissant la place au troisième plan : des vues lointaines au delà de la vallée du Rhône.Le calcaire affleure sur les rebords du plateau et se retrouve dans les constructions hautes des villages, les ruines ou les habitations rénovées. Il existe une grande similitude entre la configuration des falaises et les fortifications des villages. Des lauses calcaires sont posées horizontalement et verticalement sur des murets le long des routes. La sinueuse vallée de l’Ibie forment des falaises en U qui laissent aussi découvrir la candeur du calcaire tant au travers de ses eaux claires, que le long des rubans de falaises dépouillées de végétation.Le couvert végétal peut être dense, arbustif ou forestier : vigne, lavande, buis, chênes kermès, bosquets de chênes verts et blancs. Les forêts domaniales sont nombreuses, avec notamment le Bois du Laoul au centre. La végétation offre ainsi des versions variées entre les saisons, depuis l’été aux couleurs du bleu lavande ou du vert des vignes, jusqu’aux rousseurs de l’automne des vignes et bois de feuillus.

Qualification

La plaine de Barjac et le plateau calcaire du Bas-Vivarais constituent un paysage naturel empreint de tourisme, où la vie forestière et rurale sont bien présentes. Le territoire offre une alternance d’espaces sauvages, notamment au bord des rivières (l’Ibie), agricoles (lavande, vigne), patrimoniaux (villages fortifiés) et forestiers (Bois du Laoul). Il abrite deux sites classés : le village de Saint Thomé (Nord-Est) et Saint Montant (gorges de la Sainte Baume, non loin) avec leurs fortifications de pierres, ainsi que Rochecolombe, un village féodal dominé par une tour placée sur un pic rocheux.Quelques superbes fermes isolées restaurées avec goût accueillent des exploitations agricoles, souvent biologiques, anciennes magnaneries, chais ou caves. La proportion du bâti dans le paysage est extrêmement faible. Le patrimoine bâti est cependant important : chapelles et châteaux du XII° et XIV° siècle.Sur les bords des routes, la forme caractéristique de quelques muriers émondés rappelle encore l’époque du vers à soie, dont l’histoire est préservée au Musée de la soie de Lagorce où persiste une magnanerie.Ce paysage attire un tourisme de masse : de grands campings et des gîtes de forte capacité, ainsi que des habitations réhabilitées en résidences secondaires en témoignent. L’aspect propret des villages semble peu fréquenté hors saison. Un attrait touristique amplifié par la proximité des gorges de l’Ardèche. C’est un tourisme lié à l’eau et à la baignade, notamment le long de l’Ibie et à Lagorce où les constructions nouvelles témoignent d’une pression residentielle importante. A Lagorce, l’agrandissement de l’usine Melvita (cosmétique naturelle) pourrait offrir un bassin d’emplois drainant une population peut-être plus permanente.Les fonds plats et étroits de la vallée de l’Ibie sont cultivés de vignes et lavandes quand ils ne sont pas envahis d’une ripisylve fournie et sauvage ou peuplée de peupliers.

Transformation

Le territoire accueille de nombreux bâtiments anciennement agricoles (fermes, anciennes magnaneries…) réhabilités avec goût : résidences secondaires ou de tourisme, gîtes et locations. Un grand camping s’est installé à Lanas dans le boisement : le Domaine d’Imbours. Il reste discret, caché dans les bois, malgré sa taille, sauf le long de la route où son entrée est marquée par des panneaux peu esthétiques.Le tourisme et les constructions prennent le pas sur l’agriculture du plateau. Parmi les signes d’abandon, des muriers s’étiolent au bord des routes, d’anciennes terrasses s’enfrichent dans les pentes, de vieux murs d’épierrage s’écroulent dans les parcelles.Autour de Lagorce et Lanas, l’urbanisation ne suit pas la forme concentrique des villages traditionnels : les habitations se construisent linéairement en bordure des routes, brouillant l’image (mitage).Quelques infrastructures modernes ne sont pas négligeables dans le paysage : l’unité est traversée du nord au sud par une ligne très haute tension et, depuis les rebords du plateau, on distingue les nombreuses éoliennes drômoises.

Objectifs de qualité paysagère

Le caractère naturel ou rural de l’unité paysagère pourrait se dissoudre si l’on ne prend pas garde aux effets de la modernité.Le nouvel habitat isolé mite un paysage constitué avant tout de grandes fermes traditionnelles organisées en hameaux. De même, la structure des villages se délite. Les zones à construire ne devraient ne pas s’inscrire dans les lignes des routes, mais se constituer en micro hameaux ou au sein des villages. Passer d’un habitat concentré à un habitat dispersé est très lisible dans le paysage et en change les caractéristiques.Le long des routes, le maintien, voire la réhabilitation, des murets de pierres sèches participerait de la préservation d’un patrimoine indéniable, tout autant que de l’entretien de la végétation (muriers, amandiers).Les campings en milieu forestier permettent de conserver l’image naturelle, mais une attention particulière doit être portée sur la publicité touristique, anarchique.Il convient également d’encourager la viticulture et les cultures de lavande, qui maintiennent également les caractéristiques du paysage.