Massif entre la Serre de Bane et le Bois des Bartres

publié le 9 mai 2017
Département  : Ardèche
 
Communes  : BANNE, GRAVIERES, MALBOSC, LES VANS, SAINT-PAUL-LE-JEUNE
 
Famille de paysages : Paysages naturels
 
Surface (Ha) : 5365
 
Carte(s) IGN : 2839 OT

Impression générale

Cette unité comprend les vallées de l’Abeau et de la Gagnières dont l’amont se trouve dans le département du Gard. Assez identifiable d’un point de vue spatial cette unité reste assez composite du point de vue de ses caractéristiques. Elle rassemble d’une part l’extrème Ouest des Cévennes Ardèchoises (unité 291-Ar) dont elle est séparée par la vallée du Chassezac et le Serre de la Barre et par ailleurs un piémont collinaire identifiable aux \’collines de la basse cévenne gréseuse\’ (unité 294-Ar) mais disposant d’un substrat houiller cause de son histoire minière. Ces deux composantes se retrouvent dans le département voisin : la partie cévenole est le prolongement des cévennes gardoises et la zone collinaire appartient au bassin minier de Bessèges (houille, fer mais aussi antimoine, or…). Cette unité est donc marquée par cette double identité : paysages cévenols à l’amont (châtaigniers, terrasses et maisons de schiste) et collines de piémont à l’aval (pins maritime et exploitationde la houille). Sa cohérence tient d’avantage au fait qu’elle réunit les bassins versants de 2 rivières et que l’accès se fait par des points de passage déterminés qui fonctionnent comme des portes.

Identification

Deux clefs de lecture permettent de comprendre la structure de l’unité :- la nature du substrat géologique (roches métamorphiques schistes et gneiss à l’amont, roches sédimentaires type grès et houille dans la zone collinaire du piémont et calcaire au contact du plateau des Gras), - les bassins versants et l’organisation par vallées.Le croisement de ces clefs de lecture donne une structure assez complexe de l’unité pourtant relativement petite comparativement à ses voisines.limites de l’unité : Les parties Sud et Ouest de l’unité suivent la limite départementale avec le Gard, même si d’un point de vue paysager, cette limite est fictive puisque les mêmes caractéristiques se prolongent sur le département voisin. Au Nord, l’unité bloque sur le Serre de la Barre, à l’Est ce sont les contreforts calcaires qui entourent le village de Banne qui ferment l’unité.Cette unité renvoie clairement à deux \’paysages\’ ayant chacun son identité : la partie haute qui couvre la majorité de l’unité relève clairement de l’identité cévenole (châtaigniers, terrasses, maisons en schiste…) alors que le piémont collinaire, exploité pour le bois de mine, renvoie au bassin minier de Bessèges-AlèsLa lisibilité de l’unité repose essentiellement sur la compréhension de l’espace des vallées de la Gagnière et de l’Abeau. A l’aval et en bordure Est, cette lisibilité se perd dans le relief collinaire du piémont.La lisibilité de l’ensemble est rendue complexe par la diversité des substrats géologiques (schiste, terrain sédimentaire carbonifère, calcaire) et par la fermeture des paysages par boisement. A contrario, elle est facilité depuis le points de vue situés sur les hauteurs (Serre de la Barre, village de Malbosc…)Venant de l’Ardèche, on ne pénètre pas dans cette unité par hasard : il faut la chercher et passer par cet étroit vérou que forment les falaises calcaires de Banne ou du Granzon. Au passage des falaises, on s’attend à trouver au-delà un paysage de milieu calcaire, mais aussitôt l’ambiance change et le paysage est autre. En progressant sur les routes sinueuses de fond de vallée, c’est d’abord les boisements qui dominent, réduisant l’espace visuel à un long couloir. Parfois, un sous bois bien dégagé offre une perspectives d’entre troncs qui laisse lire le relief doux des collines. D’un tournant à l’autre, le sol monte, passant du fond de vallée à un premier versant, toujours sous les pins maritimes. Lentement, le sentiment de s’élever s’accentue, confirmé bientôt par des vues dominantes sur une mer de collines boisées. Et puis, sans que la transistion ne se fasse sentir, dans un enchaînement progressif d’indices qui peuvent passer inaperçus, on \’entre\’ dans les Cévennes : terrasses en sous bois, premiers châtaigniers, grange de schiste, et enfin première clairière et premier hameau. De là, la vue ouvre enfin, dominant le massif collinaire du piémont, dégageant des vues vers le lointain, vers la plaine de Jalès, les gorges de l’Ardèche, le bassin de Bessèges… A flanc de versant, la route progresse en balcon, franchissant ruisseaux et croupes rocheuses, offrant un impressionnant belvédère, menant sans excès de vitesse jusqu’au village perché de Malbosc, dont l’église dominante semble un aboutissement. De savoir la frontière du Gard si proche donne envie d’aller plus loin :il suffit de poursuivre jusqu’au col d’Aubrias pour entrer dans un autre monde. Une autre vallée s’offre au regard : c’est bien d’un ailleurs qu’il s’agit et pourtant, lorsque l’on se retourne, cette nouvelle vallée ressemble fort à celle que l’on quitte. Les Cévennes s’étendent ainsi au pied du massif central, dans cette succession de vallées comme autant de petits mondes.

Qualification

Paysages exceptionnels et remarquables présents : Banne (remarquable) ; REGION DES VANS (remarquable). La valeur actuelle de l’unité repose essentiellement sur son attractivité résidentielle, principalement secondaire : cette attractivité tient bien entendu au climat méditerranéen mais aussi à la qualité paysagère du secteur et s’appuie d’une part sur la qualité du bâti traditionnel (maisons en pierre sèche) et d’autre part sur la qualité des vues offertes par le relief du piémont. Cette unité bénéficie aussi d’une attractivité touristique du fait de la présence de rivières baignables en été. Ces valeurs restent cependant très en deça des unités voisines dont la notoriété est plus forte et l’accessibilité plus aisée.La dimension économique du secteur est faible, même si les collines du piémont sont presque entièrement couvertes de forêts exploitées dont le bois (pins maritimes, faible valeur marchande) servait autrefois pour alimenter les mines proches (Bessèges, Alès). Cette dimension économique repose aussi sur l’économie touristique (campings, gîtes…) et sur une activité agricole très éparse, mais cette valeur n’est pas dominante sur l’unité.

Transformation

De façon générale, l’unité a connu une importante mutation depuis la fin du XIXè siècle due d’une part à la déprise agricole (partie cévenole) et d’autre part à la fermeture de l’activité minière du secteur (Bessèges, Alès). Cette mutation passée se lit encore aujourd’hui dans la progression des boisements et dans l’abandon des usines et moulinages en bord de rivière. Les mutations actuelles sont liées d’une part à l’attractivité résidentielle (secondaire) et touristique à travers des constructions nouvelles (autour des hameaux) et la création d’infrastructures touristiques le long des rivières. . Précisions : La partie cévenole de l’unité connait les mêmes risques de mutation que les Vallées de la Haute-Cévennes (unité 291-Ar) : poursuite de l’enfrichement vers l’emboisement et la fermeture des paysages, disparition du patrimoine de terrasses, multiplication des constructions neuves en limite des hameaux (loi Montagne) sans respect des qualités architecturales traditionnelles… L’unité ne connait pas encore une forte pression du fait de son isolement mais par propagation, cette pression s’exerce cependant. Par ailleurs, les rivières connaissent aussi une pression touristique (baignade, campings, privatisation des accès…) d’autant plus lisible que les routes longent les rivières.La partie collinaire connait moins d’évolution, étant quasi entièrement exploitée pour la production forestière : cette monoculture du pin maritime pose cependant des problèmes à divers niveaux (risque incendie, niveau bas de biodiversité et de diversité des usages, fermeture des paysages par extension des boisements, aspect traumatisant des méthodes d’exploitation par coupes rases…)

Objectifs de qualité paysagère

- Favoriser des politiques de gestion de l’espace se traduisant par la réouverture ou le maintien d’espaces ouverts. Coupler avec une politique patrimoniale en faveur des terrasses. Cibler ces politiques sur des espaces \’à enjeux\’ à définir dans le cadre d’une approche globale (type plan ou charte de paysage)- Définir une politique de gestion des rivières et de leurs abords pour préserver ce capital commun qui fait l’attractivité du secteur : acquisitions publiques, gestion des accès, maîtrise des infrastructures touristiques, qualité des eaux, ouvertures visuelles et dégagement des abords…- Réfléchir sur l’inscription paysagère des nouvelles constructions, en particulier à proximité des ensembles bâtis traditionnels (se référer par exemple aux cahiers de recommandations architecturales édités par le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche). Intégrer ces recommandations dans les documents d’urbanisme.-Réfléchir à la valorisation de la filière bois : bois énergie, bois matériau de construction.- Réfléchir à la valorisation des forêts exploitées, en matière de biodiversité, de paysage comme de loisirs.En matière de protection réglementaire, l’unité présente peu d’enjeux : - amélioration de la protection au titre des sites du village et du fort de Banne- éventuellement un travail sur le patrimoine minier