Agglomération de Chamonix

51 Agglomeration de Chamonix
Département  : Haute-Savoie
 
Communes  : LES HOUCHES, CHAMONIX-MONT-BLANC
 
Famille de paysages : Paysages urbains et périurbains
 
Surface (Ha) : 1583
 
Carte(s) IGN :

Impression générale

La traversée de la vallée de Chamonix nous porte à la découverte d’un paysage grandiose. Les versants de la vallée sont plantés de pins qui croulent sous le poids de la neige en hiver et s’affaissent en signe de bienvenue depuis l’arrivée de la nationale. Le décor de la haute montagne est planté : vallée étroite couverte de chalets, versants vertigineux surplombés de sommets aux neiges éternelles.À la porte de 5 domaines skiables de renommée, l’entité de Chamonix se révèle être un haut lieu de villégiature, qui a basé son développement sur l’attractivité de l’or blanc.Un tour rapide dans le centre-ville de Chamonix confirme bien cette impression : casino et grands hôtels artdéco se dressent autour d’un espace public bien dessiné. On sent que l’attractivité de la vallée a mené à uneurbanisation continue du fond de vallée. Entre Chamonix et les Houches l’urbanisation est homogène, seuls les centres-villes témoignent qu’il s’agit bien de 2 villes différentes.Partout la montagne s’impose ici en arrière-plan et rehausse le décor. Ses sommets aux noms célèbres (Mont Blanc, Aiguille du Midi, pour ne citer que les plus connus) sont l’objet de toutes les attentions. La vue est imprenable partout. Les constructions de type chalets sont partout de belle facture et présagent d’une homogénéité de la qualité architecturale.La beauté du décor ne fait cependant pas oublier le trafic intense qui traverse la vallée. Le tunnel du Mont-Blanc, point de passage privilégié vers l’Italie, draine ici chaque jour des centaines de milliers de poids lourds.

Identification

L’entité urbaine et périurbaine de Chamonix-les-Houches s’inscrit dans le fond de vallée de l’Arve. Elle bénéficie d’infrastructures de transport importantes : la N205 traverse la vallée et permet l’accès au tunnel duMont-Blanc.La voie ferrée relie Chamonix à Chambéry et Annecy, tandis que le petit train touristique de Montenvers nous fait monter jusqu’à la Mer de Glace.L’entité est cernée par un relief très présent, avec au nord le Balcon du Mont-Blanc et le massif des Aiguilles Rouges, et au sud le massif du Mont Blanc et le célèbre glacier de la Mer de Glace.La rivière de l’Arve est nourrie de nombreux « torr », petits torrents de montagne, ainsi que par le canal de l’Arveyron au nord-est de l’entité. Canalisée dans le centre-ville, l’Arve forme une retenue au sud de l’entité,à usage hydro-électrique.L’habitat est ici majoritairement dominé par les établissements de villégiature et de tourisme : gîtes d’étapes, campings hôtels, habitat de type résidentiel. Les grands hôtels art-déco, les rues commerçantes et le casino marquent l’identité forte de ce centre-ville en termes de lieu de villégiature. La construction de type chalet montagnard est ici omniprésente. On peut remarquer l’absence notoire de zones industrielles et d’activitédans l’agglomération. L’entité s’est entièrement développée sur l’attrait de l’or blanc.L ‘agglomération est cadrée par des versants recouverts de forêts de résineux. Seules les remontées mécaniques créent de franches ouvertures linéaires sur les versants. L’ensemble du fond de vallée est urbanisé, àl’exception de 2 espaces au nord de l’entité : le bois du Bouchet, et le golf de Chamonix.Le cours d’eau de l’Arve traverse la vallée longitudinalement, tandis que les torrs la coupent transversalement. De petites retenues d’eau s’égrènent le long de l’Arve et sont aménagées en lieux de promenade.

Qualification

L’agglomération s’est développée au fur et à mesure de la découverte de la haute montagne, et de la fascination éprouvée par l’homme pour ces paysages grandioses ; tout d’abord sources de peur et de répulsion, puis, après la conquête des hauts sommets, symboles d’une nature sauvage et pure.L’omniprésence du type d’habitat du chalet montagnard en bois participe à cette identité forte.L’entité, consciente de son passage exceptionnel, a su développer des infrastructures et un habitat qui s’accorde avec le relief environnant et le met en valeur. Le centre-ville cossu de Chamonix, par lequel passe l’Arve canalisée, est marqué par les grands hôtels du centre-ville, le casino, la rue commerçante. On ressent l’impression de se trouver dans un lieu de villégiature typique, où tout est pensé pour le confort d’une population touristique aisée. En périphérie, gîtes d’étapes, campings, petits hôtels, magasin de sports apportent une diversité d’aménités touristiques.Le poids de l’infrastructure pèse cependant sur le paysage de la vallée. A proximité du tunnel du Mont Blanc, la circulation de poids lourds s’intensifie. On ressent une possibilité de déséquilibre, de danger entre paysage naturel exceptionnel et infrastructure lourde.Les versants montagneux sont densément couverts de résineux, et inspirent le respect par leur caractère sauvage.L’Arve, quant à elle, canalisée au nord de l’entité, se fait plus puissante et pus sauvage en descendant vers le sud, jusqu’à la retenue d’eau à proximité de la sablière, où l’eau de montagne se fait limpide et prend une couleur turquoise.Les infrastructures de loisir spécialement dédiées aux sports de haute montagne marquent de façon ponctuelle les versants : remontées mécaniques, télésiège, piste de saut à ski. Bien plus qu’une ville d’étape versles stations, Chamonix s’avère être une entité où la relation et l’exploitation des plaisirs de la montagne s’effectue déjà à son seuil.

Transformation

L’agglomération de Chamonix s’est développée de manière fulgurante au cours du siècle dernier.Dans les années 40, les agglomérations de Chamonix et les Houches ne sont encore que de petits villages logés dans la vallée entre les pâtures, et reliés par un maillage délicat de routes. L’évolution du bâti dans les années 70, c’est à dire seulement 30 ans plus tard, présente déjà un visage totalement différent : les infrastructures de transport se sont développées et agrandies, le tunnel du Mont-Blanc est construit. L’urbanisation est maintenant dense entre Chamonix et les Houches : ces deux agglomérations sont reliées par un filet d’urbanisation continue.Quant à la situation actuelle, on observe très peu de nouveaux développements. On ressent une certaine saturation au sein de la vallée : les capacités d’urbanisation semblent être atteintes. Entre les risques d’avalanche et les risques d’inondation, il y reste très peu, voire plus d’espaces constructibles.Les nouvelles constructions font l’objet du plus grand soin. Le modèle montagnard du chalet en bois est construit avec qualité et décliné sous de multiples formes, dont des formes d’habitat collectif à 5/6 appartements ; peut être une solution, s’il n’est pas déjà trop tard, pour densifier l’habitat et remédier au manque de place.

Objectifs de qualité paysagère

Tout ce qui fait la richesse et la réputation de Chamonix est « l’or blanc », et l’exploitation du tourisme été comme hiver. Cependant ce milieu est extrêmement fragile, et dans un contexte de réchauffement climatique,peu pérenne.Privilégier un tourisme été comme hiver est une façon de parier sur l’avenir, et éviter de baser toute son économie sur une neige qui peut être amenée à disparaître. La mise en place des équipements liés aux sports d’hiver est à envisager avec précaution, tandis que les aménagements « légers » : cheminements, mise en valeur du petit patrimoine, etc., sont à privilégier.Le trafic routier qui traverse la vallée est quant à lui intense : 100 000 personnes l’empruntent l’été, et 60 000 l’hiver. Comment alors respecter la vallée dans ce contexte d’espace alpin transfrontalier ? A l’échelle locale, des alternatives à l’usage systématique de la voiture peuvent être trouvées : transport en commun, parking de covoiturage… L’ensemble des transports publics est déjà gratuit dans la vallée, alors que cependant 90% des déplacements internes à la vallée de l’Arve se font toujours en voiture. Le PDU mis en place vise à favoriser majoritairement le transport collectif ferroviaire, notamment par le « tramway des neiges ». Cependant ces solutions à l’échelle locale ne régleront pas les dommages causés par le trafic international transalpin.La vallée de Chamonix est également un espace qui regroupe de nombreux facteurs de risques : risques d’origine naturelle (chute de neige, avalanche, mouvement de terrain, séisme, inondations) et risques d’origine technologique (transport de matières dangereuses, nucléaires, lâcher d’eau des barrages hydro-électriques). L’espace est contraint et l’urbanisation très limitée par la superposition de ces nombreux risques. Les capacités d’urbanisation ayant été atteintes dans l’entité de Chamonix-Les Houches, celle-ci se reporte désormais plus loin dans le prolongement de la vallée. Il faut veiller à être vigilant à ces formes d’urbanisation déportées, afin que ces communes ne deviennent pas les cités dortoirs de Chamonix.Lorsque des terrains sont encore disponibles, ou libérés à la construction, il faut veiller à y établir des formes plus denses d’habitat, sans perdre en vue les qualités traditionnelles de constructions de l’habitat montagnard.Quant aux possibilités de dynamisme futur, il s’agit notamment de la candidature d’Annecy aux jeux Olympiques de 2018, qui prévoit de s’effectuer sur les pôles d’Annecy et de Chamonix Mont-Blanc. Là encore, il faudra veiller à trouver un bon équilibre entre développement touristique lié à la manne de l’or blanc, et respect pour un milieu naturel à l’équilibre fragile.

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